La reproduction humaine menacée

Depuis cinquante ans, le nombre et la qualité des spermatozoïdes ont diminué de moitié. Ce n’est pas tout : l’incidence du cancer des testicules a doublé au cours des trente dernières années et le nombre de malformations génitales masculines est en hausse. Conclusion : la reproduction humaine serait menacée, résume Le Monde (page 4). Au premier rang des accusés figurent les perturbateurs endocriniens. Derrière ce nom scientifique se cachent des substances chimiques présentes partout dans l’environnement et l’alimentation : phtalates (cosmétiques et emballages), Bisphénol A (biberons et bouteilles en plastique) et pesticides (fruits, légumes, lait), explique L’Humanité (page 11).

Les menaces sur la reproduction humaine sont suffisamment avérées pour alerter la population et mobiliser les chercheurs. Un colloque sur le thème "Environnement chimique, reproduction et développement de l’enfant" est d’ailleurs organisé aujourd’hui à Paris par les ministères de l’Ecologie, de la Santé, l’Institut de recherche en santé publique (Iresp) et l’Agence de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset). Ce colloque "sera l’occasion de propositions", assure, dans La Croix (page 15), la secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie. "Après des années durant lesquelles des substances chimiques ont été mises sur le marché sans que l’on étudie suffisamment leurs effets secondaires, la procédure Reach (règlement européen qui oblige les industriels à prouver l’innocuité des produits chimiques qu’ils fabriquent, NDLR) va permettre de tester des produits potentiellement dangereux. Elle pourrait même être plus sévère en ce qui concerne la reprotoxicité ou l’association néfaste de plusieurs substances", affirme Nathalie Kosciusko-Morizet.

Lors de ce colloque, la ministre de la Santé devrait annoncer des mesures visant à prévenir les risques liés à certaines substances chimiques présentes dans des produits de grande consommation. Il n’est toutefois pas question de les interdire contrairement à d’autres pays, précise Libération (page 12). Un logo d’avertissement pourrait être apposé sur certains produits cosmétiques pour en déconseiller l’usage aux femmes enceintes, révèle Le Parisien/Aujourd’hui (page 12). Ce soir, la chaîne de télévision Arte diffusera à 21 heures un documentaire intitulé Mâles en péril. Il pointe la responsabilité de l’industrie chimique dans l’infertilité masculine. Le film sera suivi d’un débat en présence de Nathalie Kosciusko-Morizet.

Pas touche aux cures thermales !
Les députés ont rejeté un amendement au PLFSS 2009, qui proposait de réduire de 65 à 35% le taux de remboursement des cures thermales. Il avait été déposé par Yves Bur (UMP, Bas-Rhin), rappelle La Tribune (page 5). De son côté, la Haute Autorité de santé (HAS) n’a jamais été saisie afin d’évaluer les avantages médicaux des cures. Selon le quotidien économique, ce manque de motivation s’explique par les enjeux économiques et sociaux liés à cette activité. Les 118 établissements thermaux, installés dans 18 régions, représentent 118.000 emplois directs ou indirects. De quoi mobiliser le lobby thermaliste et expliquer le taux de présence très important des députés le jour où cet amendement a été examiné.

John Sutton