La région parisienne en tête des déséquilibres médicaux

Du point de vue médical, Paris semble être la ville du déséquilibre. Sur la base de plusieurs études, Le Monde (page 11) montre, par exemple, que la capitale est dotée d'une densité de spécialistes trois fois supérieure au niveau national et qu'il est difficile d'"y trouver un médecin au tarif de base". Il apparaît également que "parmi les médecins libéraux exerçant à Paris, 33% sont généralistes et 67% spécialistes". Une majorité d'entre eux (68%) sont à honoraires libres, contre 39% pour le reste de la France. "C'est aussi à Paris, ajoute le quotidien, que la fréquence et le niveau des dépassements d'honoraires par rapport au tarif non remboursé par la Sécurité sociale sont le plus importants." Ce que confirme le président du Collectif interassociatif sur la santé (Ciss), Christian Saout : "La véritable difficulté des Parisiens, c'est d'avoir accès à un spécialiste au tarif de la Sécurité sociale."

Dans le détail, il apparaît que dans les arrondissements du nord-est de la ville, la densité des "vrais" généralistes pourrait devenir critique, tant les généralistes à "exercice particulier" (homéopathie, acupuncture...) sont nombreux, note Le Monde. En raison de cette situation, "le recours aux urgences hospitalières pour des raisons non vitales est devenu courant". Entre 2005 et 2008, les passages aux urgences ont en effet progressé de 9,4%. Cependant, ajoute Le Monde, "les difficultés à trouver un médecin ou à en payer les honoraires" ne se répercutent pas seulement sur l'hôpital.

Ainsi, les centres de santé connaissent également une augmentation de leur fréquentation, en raison notamment de leurs tarifs conventionnés. L'institut Alfred-Fournier est, par exemple, de ceux-là. Chaque année, cet établissement basé dans le 14e arrondissement réalise 100.000 consultations où se côtoient 1% d'ouvriers, 31% d'employés, 13% de cadres et cadres supérieurs.

La médecine de ville n'est pas la seule à souffrir de ces disparités. La médecine hospitalière n'est pas mieux lotie. Dans un entretien qu'il accorde à Libération (pages 14 et 15), le directeur de l'agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France, Claude Evin, déplore le fait que "la nuit, la prise en charge n'est pas bien sécurisée, qu'il n'y a pas de cartographie fiable, qu'il n'y a pas de cohérence et il y a une déperdition de moyens". Pour cet ancien ministre de la Santé, il est nécessaire de "travailler sur le maillage et les liens entre établissements publics ou privés".

Des maisons de naissance pour 2011
A partir de septembre 2011, les maisons de naissance vont passer leurs premiers tests. Ce nouveau dispositif, qui figure dans le PLFSS 2011, vise à "offrir des structures aux mères qui souhaitent accoucher de façon plus naturelle, moins médicalisée, assistées de la sage-femme qui a suivi leur grossesse", rapporte Le Figaro (page 23). Chaque maison de naissance devra "être attenante à une structure de gynécologie-obstétrique". Un bilan sera effectué fin 2014.

Par ailleurs, les députés et les sénateurs, réunis en commission mixte paritaire sur le PLFSS, ont adopté une disposition concernant les médecins libéraux. Prochainement, leur convention avec l'assurance maladie pourra intégrer des formes de rémunération "à la performance", rapporte Le Figaro. De la sorte, chaque médecin obtiendra une somme "plus ou moins importante" s'il parvient à atteindre certains objectifs tels que des actions de dépistage, de prévention, ou encore de suivis de malades chroniques.
Frédéric Lavignette