croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

« La réforme Obama pourrait inspirer la France »

"C'est une immense victoire que vient de remporter Barack Obama, dans un contexte de déréglementation terrible de la santé", estime Jean-Pierre Davant dans un entretien au site Internet de l'hebdomadaire La Vie (www.lavie.fr). "Non seulement la réforme assure la couverture de 31 millions d'Américains aujourd'hui non assurés, juge-t-il. Mais elle va aussi moraliser tout le champ de la santé : le secteur de l'assurance qui ne pourra plus refuser de couvrir un patient sous prétexte qu'il risque de ne pas être rentable. Les laboratoires pharmaceutiques qui devront revoir leurs marges et participer au financement de la santé. Et les médecins qui seront pénalisés s'ils continuent à pratiquer des tarifs exorbitants exigés aujourd'hui aux Etats-Unis."

En novembre dernier, une délégation de la Mutualité Française, dirigée par Jean-Pierre Davant, avait été reçue par l'équipe de Barack Obama et des membres du Congrès afin de présenter le système mutualiste français. "Ces rencontres ont surtout montré que nos systèmes, aussi différents soient-ils, connaissent les mêmes difficultés de part et d'autre de l'Atlantique : marges trop importantes des laboratoires pharmaceutiques, surconsommation de médicaments, dépassements d'honoraires", témoigne le président de la Mutualité, ajoutant qu'"aux Etats-Unis comme en France, le financement des maladies chroniques n'est plus adapté et représente l'essentiel des fonds affectés à la santé".

La réforme américaine peut-elle inspirer des changements dans le système de santé français, interroge lavie.fr "On pourrait utilement s'inspirer de la volonté de régulation d'Obama. Le président a toujours défendu l'idée qu'il ne fallait pas seulement élargir la couverture des Américains, mais qu'il fallait aussi dépenser moins, afin d'affecter l'argent à d'autres secteurs plus productifs et créateurs d'emplois", explique Jean-Pierre Davant. "C'est ce que Obama veut mettre en oeuvre en associant aux efforts les assureurs, les laboratoires et les médecins. Aux Etats-Unis comme en France, il faut soigner mieux en dépensant moins", conclut-il.

Grippe A : Bachelot assume tout
Achat en masse de vaccins, indépendance des experts, négociations avec les laboratoires… la ministre de la Santé a justifié hier, au Sénat, toutes les décisions du gouvernement pendant l'épidémie de grippe A. "J'ai fait le choix de protéger d'abord la santé de mes concitoyens plutôt que d'envisager le seul angle du coût financier. Je l'assume », a-t-elle déclaré en préambule, rapporte Libération (page 12). La commission d'enquête sur "le rôle des firmes pharmaceutiques dans la gestion par le gouvernement de la grippe H1N1", était présidée par François Autain (Parti de gauche), avec Alain Milon (UMP) comme rapporteur. "Certains des membres de votre cabinet ont-ils des liens avec l'industrie pharmaceutique depuis moins de cinq ans", interroge le président de la commission. "Je ne connais pas leur CV par coeur, je vous ferai porter la réponse par écrit", rétorque Roselyne Bachelot, note Le Parisien/Aujourd'hui (page 10). "Les experts ne nous ont pas dit ce que nous devions faire. Cela aurait été plus simple ! C'est aux politiques de prendre des décisions, je les assume !", réplique la ministre de la Santé. Puis elle détaille le processus qui a amené le gouvernement à commander 94 millions de doses de vaccins à l'été 2009, pour aboutir à la résiliation unilatérale de 50 millions de doses non encore livrées, en janvier, soulignent Les Echos (page 5). "Les trois laboratoires ont été traités de la même façon, sur la base des dépenses réellement engagées et non pas sur le manque à gagner", explique Roselyne Bachelot, en précisant que les indemnités qui vont être reversées représentent "16% du marché initial annulé" pour le seul cas de Novartis.

John Sutton