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La pénibilité au coeur de la réforme des retraites

Campés sur leurs positions, l'exécutif et les syndicats ne parviennent toujours pas à trouver un compromis sur la réforme des retraites. Pour le Premier ministre, rapporte Libération (page 16), il n'est "pas question de toucher au report légal à 62 ans, ni à celui – très contesté – de l'âge du départ à taux plein à 67 ans". De leur côté, les syndicats réclament le retrait du texte et, comme l'indique dans un entretien au Monde (page 11) le secrétaire général de la CGT, ils n'ont pas "l'intention de lâcher". La situation peut même aller "vers un blocage, vers une crise sociale d'ampleur", estime Bernard Thibault.

Les quelques aménagements consentis par le président de la République – notamment sur les carrières longues, les polypensionnés ou la pénibilité – ne suffisent donc pas à satisfaire les représentants des travailleurs. Même si, "avec l'abaissement de 20% à 10% du taux d'incapacité permettant de prendre à l'avenir sa retraite dès 60 ans", l'Elysée élargit le champ des bénéficiaires du dispositif aux victimes de troubles musculo-squelettiques (TMS), indique Le Figaro (page 3).

Pour Bernard Thibault, ces annonces restent "à la marge au regard des accords de fond". De surcroît, regrette-t-il, "le dispositif de la pénibilité reste subordonné à des critères médicaux et individuels". En effet, souligne Le Figaro, les critères d'invalidité sont définis par un barème indicatif qui recense des centaines de cas allant d'une gêne à la déglutition à l'amputation d'une jambe…

Si dans les faits, le médecin-conseil de la Sécu pourra se référer à ce barème, il déterminera librement le taux d'incapacité du salarié, "en tenant compte de son âge ou de son état général". Ce taux servira de base à la fixation d'une rente, qui sera également liée au salaire. En cas de désaccord, poursuit le journal, le salarié sera en droit de saisir un tribunal spécialisé.

De leur côté, les syndicats exigent que le départ anticipé s'applique à tous les salariés ayant été exposés à des facteurs de risque au cours de leur carrière. Et cela, même si aucune marque visible de leur "usure" n'est constatée en fin de parcours professionnel.

Le coût du nouveau dispositif "pénibilité" est estimé à 300 millions d'euros par an, signale Le Figaro. C'est certainement pour cela que "François Fillon a exprimé ses réticences" sur tout nouvel assouplissement, estime Le Figaro.

Pour sa part, Le Parisien/Aujourd'hui (page 15) fait un focus sur les maladies professionnelles. En 2007, elles étaient au nombre de 44 000 parmi les salariés affiliés au régime général de la Sécurité sociale. 78% des cas étaient des TMS. Les maladies provoquées par l'amiante représentaient 15% des cas reconnus, soit la majorité des cas de cancer professionnel.

Le sida atteint surtout les homosexuels
Selon une étude de l'Institut national de veille sanitaire (InVs), "48% des cas de contamination de l'Hexagone en 2008 touchent les hommes gays", rapporte Le Parisien/Aujourd'hui (page 16). Une réalité identique à celle des Etats Unis, ce qui fait dire à des spécialistes que l'épidémie est "hors de contrôle en France chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes".

L'étude laisse également apparaître que sur les 85.000 nouvelles condamnations annuelles, les homosexuels sont "200 fois plus touchés par le VIH que la population hétérosexuelle (non toxicomane)", note Le Figaro (page 11). Cette disproportion s'explique par le fait que les homosexuels prennent davantage de risques en ayant des rapports non protégés, qu'ils ont en général plus de partenaires "et parce qu'en elle-même, la pratique sexuelle des homosexuels hommes est plus contaminante que celle des hétéros".
Frédéric Lavignette