La mission Briet s’attaque au déficit de la Sécu

Nicolas Sarkozy avait annoncé le 28 janvier, lors de la conférence sur les déficits publics, la création de quatre groupes de travail : assurance maladie, dette sociale, règle d’équilibre et collectivités locales, rappelle le quotidien Les Echos (page 2). Le chef de l’Etat avait également mandaté Paul Champsaur, président de l’Autorité de la statistique et Jean-Philippe Cotis, directeur général de l’Insee, pour établir "un diagnostic objectif et partagé de la situation des finances publiques", devant servir de base à la prochaine conférence sur les déficits, en avril.

Le groupe chargé de plancher sur l’assurance maladie est le premier à avoir commencé ses travaux, car il doit rendre ses conclusions dès le mois d’avril, indiquent Les Echos. Dirigé par Raoul Briet, membre du collège de la Haute Autorité de santé (HAS), il est composé de quatre parlementaires de la majorité, les députés Yves Bur et Jean-Pierre Door, les sénateurs Alain Vasselle et Gérard Dériot, ainsi que de représentants de l’administration (Trésor, assurance maladie, ministère de la Santé…).

Cette mission fera des propositions pour améliorer l’élaboration et le suivi de l’Objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam). Un comité d’alerte existe déjà, mais il ne se prononce généralement qu’au mois de juin. "C’est trop tard dans l’année. Essayons d’avoir un suivi plus fin des dépenses, afin de corriger le tir plus rapidement", estime l’un des membres du groupe mené par Raoul Briet.

Stress : recul du gouvernement
Le ministère du Travail a fait machine arrière vendredi en retirant de son site Internet la liste des entreprises mal notées en matière de prévention du stress au travail, rapporte La Tribune (page 6). "Le ministère du Travail a-t-il cédé face aux grosses entreprises ? Ou a-t-il été techniquement contraint, comme il le prétend, de suspendre la liste pour la mettre à jour ?", interrogeait Libération de samedi (page 14). "Nous n’avons eu aucune pression du Medef, jure-t-on rue de Grenelle. Nous avions toujours dit que la liste était provisoire et que les entreprises dont la situation évoluait pouvaient nous le faire savoir."

Les réclamations des sociétés classées dans le rouge ont eu raison du "name and shame" (nommer et faire honte) voulu par Xavier Darcos, estime Le Journal du dimanche (page 18). Le Medef était monté au créneau, vendredi sur France 3, pour critiquer une méthode "plus que contestable" et a relevé "de très nombreuses erreurs" dans ce classement. Picard surgelés et le laboratoire GSK, mal classés, ont promis d’ouvrir des négociations sur le stress en mars prochain. Les listes ont finalement été visibles seulement 24 heures sur le site du ministère (travailler-mieux.gouv.fr) mais ont été très consultées : 1,2 million de pages vues en une demi-journée jeudi, précise La Croix (page 4).

John Sutton