La ministre de la Santé annonce un wagon de mesures sur l’hôpital

A l’occasion de l’inauguration du salon Hôpital-Expo qui se déroule cette semaine à Paris, la ministre de la Santé est revenue sur certains points de la future réforme du système de santé qui sera présentée au Parlement à l’automne prochain. Au cours de son intervention, Roselyne Bachelot en a également profité pour présenter de nouvelles mesures "destinées à faire face aux déficits croissants des hôpitaux", note L’Humanité (page 7).

Afin de mieux lutter contre les dépassements d’honoraires, la ministre a ainsi souligné que "les cliniques devront respecter des engagements tarifaires de non-dépassement dès lors qu’elles se trouvent en situation de monopole local".

Dans un entretien accordé au Monde (page 11), Roselyne Bachelot prévient que "l’activité libérale à l’hôpital sera aussi davantage encadrée". Elle n’admet pas en effet qu’un patient doive attendre "plus d’un mois pour une intervention à l’hôpital et qu’il lui soit proposé de la faire très rapidement s’il a recours au secteur privé, dans ce même hôpital", complète-t-elle dans La Tribune (page 24).

Pour assurer une meilleure prise en charge des personnes en difficulté, le gouvernement entend adapter la T2A dans les hôpitaux. "Je veux accroître les ressources allouées aux établissements ayant une proportion importante de patients en situation de précarité, cette précarité étant mesurée par le nombre de patients bénéficiaires de la CMU (couverture maladie universelle), de l’AME (aide médicale de l’Etat), du RMI, ou sans solution de logement stable", précise la ministre de la Santé. Selon Le Figaro (page 21), cette initiative permettra d’"atténuer les critiques formulées à l’encontre du système de financement à l’activité accusé par certains d’inciter à la sélection des patients".

Tout en annonçant la restructuration de certains hôpitaux grâce aux 10 milliards d’euros qui seront débloqués dans le cadre du plan Hôpital 2012, Roselyne Bachelot s’engage à renforcer certains services. C’est notamment le cas des urgences, signalent Les Echos, puisque "90% de la population devra être à moins de 20 minutes d’une structure d’ici à deux ans, au lieu de 80% aujourd’hui".

La ministre a également rappelé qu’"aucun hôpital, quelle que soit la taille de sa structure, ne serait fermé". Seuls certains services qui ne remplissent pas "les critères de sécurité indispensables à une qualité des soins optimale" pourront connaître des réorganisations. "Quand on a sur la chirurgie lourde digestive 50% de taux de mortalité des patients à Carhaix, contre 12% en moyenne, il y a de quoi se poser des questions", avance-t-elle dans Le Monde. A ce titre, signale L’Humanité, la maternité et la chirurgie de cet établissement du Finistère fermeront le 6 juin prochain...

Médicaments : la logique des dépenses
Les Français sont-ils boulimiques de médicaments ? A la lecture de certains chiffres, tout le laisse à penser, explique Le Monde (page 16). En effet, en 2007, les dépenses de médicaments remboursables ont encore augmenté de +4,6%. "Un peu moins que les autres postes de dépense de l’assurance maladie (+5,5%)", mais une progression tout de même supérieure à celle de 2006, note le quotidien.

Le Monde fait référence à une étude entamée depuis trois ans par l’industrie pharmaceutique dans le cadre du Lir (association qui regroupe les laboratoires pharmaceutiques européens et américains). Celle-ci ferait apparaître que "la croissance des dépenses tient pour l’essentiel dans l’augmentation du nombre des traitements pour les pathologies chroniques". Compte tenu de l’augmentation de la durée de vie, le nombre des pathologies lourdes est en hausse et par conséquent les traitements aussi.

Frédéric Lavignette