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La grève du 19 mars se prépare

"L'Elysée mis au défi de répondre aux tensions sociales", titrent Les Echos à la "une", à propos de la journée unitaire d'action, jeudi prochain, en faveur de nouvelles mesures de soutien à l'emploi et au pouvoir d'achat. Déçus par les résultats du "sommet social" du 18 février, les syndicats avaient alors jugé les mesures annoncées par le président de la République "trop parcellaires pour modifier le cap économique de la politique gouvernementale". Au vu de la très forte participation aux cortèges du 29 janvier, qui avaient réuni de 1 à 2,5 millions de manifestants, les syndicats sont attendus au tournant et devront transformer l'essai.

"L'Elysée et Matignon se sont fait une raison", estime Le Figaro-économie (page 20). "Jeudi, la mobilisation, dans la rue sera probablement aussi forte que le 29 janvier", ont confié, au supplément économique du Figaro, les conseillers du président et du Premier ministre. "Besancenot et l'extrême gauche veulent politiser la grève de jeudi", dénonce la "une" du Figaro. L'attitude du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) "fait un peu rapace", a affirmé hier soir François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro. Il s'est dit persuadé que les salariés "seront aussi nombreux dans la rue que le 29 janvier". De son côté, Bernard Thibault (CGT) constate "un ras-le-bol général" et espère parvenir "au même niveau de mobilisation" que lors de la précédente journée d'action (Les Echos, page 2).

Malgré la forte hausse du chômage et la recrudescence des occupations d'usines après l'annonce de plans de licenciements, le gouvernement reste inflexible. "Une colère qui gronde", constate L'Humanité, qui s'est rendu à Grenoble pour prendre le pouls de la mobilisation. Le mécontentement touche aussi bien les cadres et les ouvriers des usines menacées de fermeture que les blouses blanches du CHU, qui réclament des effectifs, observe le quotidien communiste (page 7).

Le Premier ministre a prévenu les syndicats : "Il n'y aura pas d'enveloppe supplémentaire car c'est de la dette supplémentaire" (Les Echos). Selon Le Figaro-économie (page 20), la fermeté affichée par le chef du gouvernement est tempérée par l'annonce anticipée des trop rares "bonnes nouvelles du 1er avril", par le ministre du Travail, Brice Hortefeux : versement de la prime de solidarité de 200 euros, revalorisation de 7% du minimum vieillesse, hausse de l'allocation handicapée. Un "poisson d'avril", qui a peu de chance d'amuser les syndicats.

Antennes relais : table ronde reportée
De plus en plus de maires s'opposent à l'installation des relais téléphoniques sur leur commune, comme à Valence ou à Lyon, souligne Le Parisien/Aujourd'hui (pages 1 à 3). Des parents d'élèves obtiennent le démontage d'antennes installées sur le toit des écoles. Trois jugements viennent de contraindre les opérateurs téléphoniques à démonter leurs installations. Ces derniers en appellent au gouvernement. La table ronde sur les effets potentiels des antennes téléphoniques pour la santé, prévue initialement le 26 mars, a été reportée au 23 avril. Les associations, qui dénoncent les effets nocifs des ondes électromagnétiques, voient dans ce nouveau report "la plus totale improvisation et opacité" du ministère de la Santé.

Le médiateur de la République face aux erreurs médicales
Les patients confrontés à une erreur médicale se trouvent fréquemment face à un véritable parcours du combattant. "Se faire communiquer son dossier médical ou faire valoir ses droits en cas d'erreurs lors de soins reste difficile", et ce, en dépit de la loi de 2002 sur les droits des malades, constate Le Parisien/Aujourd'hui, dans son édition du 14 mars (pages 2 et 3). C'est pourquoi le médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye, s'occupe depuis janvier dernier d'un pôle "santé et sécurité des soins". Erreurs médicales, opérations injustifiées, infections nosocomiales… plus de 1.500 assurés en litige avec des hôpitaux, ont déjà contacté le médiateur, "dans 53% des cas parce qu'ils avaient du mal à obtenir la bonne information". "Parfois aussi pour des raisons plus graves", révèle le Parisien, qui évoque quelques-uns des "dossiers noirs" parvenus jusqu'au médiateur.

John Sutton et Sabine Dreyfus