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La dure réalité d’un médecin de banlieue

A Saint-Denis, "le pire est à venir" du point de vue médical puisque les médecins désertent plus l’endroit qu’ils ne s’y installent. Comme l’observe Le Monde de samedi 16 février (page 12), depuis 2000, 14 généralistes sont partis alors que seulement 10 sont arrivés dans cette ville de Seine-Saint-Denis. Cette situation est plutôt inquiétante car largement inférieure à la moyenne : 7,7 médecins servent en effet 10.000 habitants, contre 9,7 en Ile-de-France. D’ailleurs 75% des médecins installés ont plus de 50 ans…

Reste donc aux jeunes générations à prendre la relève pour affronter le désert médical qui progresse, en particulier, dans certains quartiers populaires. Souvent, ce sont de nouveaux diplômés qui assurent cette succession. Et 70% d’entre eux sont d’ailleurs des femmes. C’est le cas justement de Yasmine Mirghane, 36 ans, dont la journaliste Cécile Prieur suit le quotidien.

La jeune femme, explique-t-elle, a repris "le cabinet d’un médecin parti en province après quinze ans d’exercice, situé à la lisière de la cité des Francs-Moisins". Ses débuts à Saint-Denis ont été difficiles. Le cabinet fonctionnait alors comme un dispensaire et les dossiers des 3 000 patients avaient besoin d’être informatisés. Mais le plus rude, note Yasmina Mirghane, a été de constater que chez certains de ses patients, la santé est associée à un luxe.

"Beaucoup de mes patients dépassent de peu le plafond permettant d’accéder à la couverture maladie universelle (CMU). Et comme ils n’ont pas suffisamment de revenus pour s’offrir une mutuelle, ils se privent de soins", déplore-t-elle.

De plus, elle remarque un certain durcissement de la part de l’assurance maladie, en particulier vis-à-vis de toute personne en affection longue durée (ALD) donc prise en charge à 100%. Auparavant, dit-elle, "on faisait passer ses autres soins comme tels. Maintenant, l’assurance maladie nous contrôle sévèrement. Les patients doivent payer plus".

Cette réalité ne fait pas pour autant regretter à ce médecin son choix professionnel. Même si "c’est parfois usant", elle comprend que ses jeunes collègues hésitent à s’installer dans ces endroits. "Il faut avoir la fibre sociale et être intéressé par une prise en charge qui va bien au-delà de la médecine traditionnelle", conclut-elle.

Famille : suppression des déclarations de ressources
Pour la première fois, les quelque 9 millions d’allocataires de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) n’auront pas à envoyer cette année de déclaration de ressources pour bénéficier des prestations accordées en fonction des revenus, annoncent Les Echos (page 4). La Cnaf peut désormais récupérer directement les données du fisc. Outre la simplification des démarches et des gains de gestion importants, "une forte diminution des indus est attendue", souligne la direction de la Cnaf. Ces indus, le plus souvent liés à des erreurs, ont atteint 212 millions d’euros en 2007, soit près du double de l’année précédente.

Autre changement annoncé : la Cnaf disposera bientôt d’un répertoire national des bénéficiaires (RNB) qui permettra d’éviter notamment les doublons d’inscriptions d’allocataires dans plusieurs départements. Selon La Tribune (page 27), la Cnaf attend l’autorisation de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) pour créer une "base d’information nationale sur la fraude" destinée notamment à renforcer le partenariat avec les autres organismes de protection sociale.

Frédéric Lavignette
et Pascal Renaudineau