La Mutualité Française s’engage dans le débat sur la dépendance

A l'occasion des "Etats généraux du renouveau", organisés ce week-end à Grenoble par Libération autour du thème "Une République pour tous", le quotidien publie un cahier central qui répertorie, sous forme de lexique, les valeurs qui lui semble les plus républicaines.

A la lettre "R", comme respect, le président de la Mutualité Française livre une tribune sur la réforme de la dépendance qui, juge-t-il, ne doit pas se limiter à "un débat d'actuaires". Pour Etienne Caniard, "la solidarité à l'égard des plus vulnérables d'entre nous est un devoir et la réponse au désarroi des familles n'est pas satisfaisante".

Pour le président de la Mutualité Française, il convient tout d'abord de s’appuyer sur l'existant, comme l'aide personnalisée à l'autonomie (Apa) créée en 2001. De surcroît, écrit-il, "les départements, avec les associations et le mouvement mutualiste, ont développé des services de proximité et des structures d'hébergement".

Ces acquis sont à préserver, estime-t-il, tout en tenant compte de "la fragilité de leur financement, [de] l'importance des restes à charge pour les familles et [de] l'ampleur des inégalités territoriales". L'un des principes de cette ré­forme, poursuit le président de la Mu­tualité Française, est "de faire vivre un droit universel".

Second principe : définir "un cadre solidaire et structuré" dans le respect duquel chaque acteur, qu'il soit public ou privé, inscrira son action. Si "l'Etat a un rôle déterminant à jouer dans le renforcement de la prévention, l'organisation des soins et la prise en charge de la dépendance", il est évident que "les mutuelles sont prêtes à prendre leurs responsabilités". "Mais attention, prévient le président de la Mutualité Française, le partenariat n'est pas la segmentation d'un marché entre opérateurs publics et privés."

Cette réforme impose aussi de se poser "sans tabou" un certain nombre de questions. "Le financement public doit-il prendre en compte des éléments du patrimoine ? L'intervention des opérateurs privés doit-elle être obligatoire pour permettre une mutualisation large et éviter la sélection ? Faut-il lier leur intervention à la couverture complémentaire santé pour garantir articulation et continuité des prises en charge ?" Le débat est lancé... Et se poursuivra le samedi 29 janvier, à Grenoble, puisque qu'Etienne Caniard participera à une table ronde sur la dépendance dans le cadre de ces "Etats généraux du renouveau".

Médecine de ville : moindre hausse en 2010
Selon la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), les dépenses de médecine libérale du régime général ont progressé de 2,6% en 2010, alors que le taux d'évolution avait été fixé à 2,8%. "L'assurance maladie a bénéficié d'un contexte épidémique plus favorable qu'en 2009", en raison des épisodes grippaux moins virulents. En conséquence, les honoraires des généralistes ont baissé de 2,3%, expliquent Les Echos (page 3).

Pour ce qui est des dépenses de soins dentaires, elles sont restées stables alors que celles des spécialistes ont évolué de 1,4%. Les dépenses d'analyse sont en diminution, tout comme celles des transports ambulanciers. Enfin, les indemnités journalières ont progressé de 4,4%, tout comme les soins infirmiers (+8,3%). Pour l'avenir, rappelle le quotidien économique, le gouvernement a fixé comme objectif une hausse des dépenses d’assurance maladie à 2,9% pour 2011 et 2,8% pour 2012.
Frédéric Lavignette