La France sous le choc

La quasi-totalité des quotidiens nationaux font leur "une" sur la tuerie de Toulouse, qui a fait quatre victimes hier, dont trois enfants, dans une école juive. "La tragédie qui bouleverse la France", titre Le Parisien/Aujourd'hui, qui tente d'évaluer son impact sur l'élection présidentielle. "La France horrifiée", titre Le Figaro, qui évoque (page 3) la tuerie de Nanterre, laquelle avait marqué la présidentielle de 2002. Pour La Croix, les événements de Toulouse constituent "un drame national". Libération se distingue en égrenant sur fond noir les noms des quatre victimes du massacre de Toulouse et des trois militaires tués la semaine der­nière dans la région Midi-Pyrénées.

Ce drame a suscité l'émotion et la réprobation de toute la classe politique et provoqué la suspension de la campagne électorale, soulignent Libération (page 6) et Le Figaro (page 3). Dans un mouvement d'unanimité, à seulement un mois du premier tour du scrutin, tous les prétendants à l'Elysée ont bouleversé leur emploi du temps et mis entre parenthèses les controverses, le temps du recueillement et de l'hommage.

Plus d'un millier de fidèles se sont recueillis hier soir à la synagogue Nazareth, à Paris, en présence de Nicolas Sarkozy, de François Hollande et de nombreuses personnalités de tous bords, note Le Pari­sien/Aujourd'hui (page 6). Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées place de la République et ont défilé jusqu'à la place de la Bastille, à l'appel notamment de la Ligue des droits de l'Homme et du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap).

Le niveau d'alerte "écarlate" du plan Vigipirate – son degré le plus élevé – a été activé dans la région Midi-Pyrénées, une première en France, souligne Le Parisien/aujourd'hui (page 5). "De Montauban à Toulouse", le correspondant de L'Humanité (page 3) a rencontré "une population traumatisée". Le carnaval prévu demain place du Capitole a été annulé. "Pas question de faire la fête, alors que des enfants sont froidement assassinés", déclare Laurent, l'un des organisateurs.

Madeleine Dupuy, conseillère municipale, ne cache pas son émotion, ni sa co­lère : "Ce tueur et son acte terroriste qui frappe une communauté, c'est effroyable. Il cherche à stigmatiser et à effrayer la population." Faut-il privilégier la piste d'un criminel raciste ou celle d'un tueur psychopathe ? interroge François Sergent, dans l'éditorial de Libération (page 2). "Face à ces drames, l'union nationale, concept souvent galvaudé, est la seule réponse digne", conclut l'éditorialiste.

200 médecins disent non au secteur privé à l'hôpital
"Nous, médecins des hôpitaux, déplorons les dérives de l'exercice privé à l'hôpital public. Ces dérives sont régulièrement dénoncées, mais de fait tolérées par la communauté médicale, incapable d'imposer le respect des règles éthiques et par l'administration et le pouvoir politique incapables de faire respecter la loi."

Ainsi débute le manifeste signé par 200 "grands" médecins, qui demandent la fin des activités libérales dans les établissements publics. Parmi les signataires de la pétition figurent le Pr Axel Kahn, le Pr Joël Ménard, ancien directeur général de la Santé, les Prs André Grimaldi et Olivier Lyon-Caen, de la Pitié-Salpêtrière, mais aussi la pneumologue Irène Frachon, qui a révélé l'affaire du Mediator®, relève Libération (pages 12 et 13)

Eric Favereau, de Libération (page 12), rappelle que le ministre de la Santé "bricole", depuis la semaine dernière, un décret selon lequel "les complémentaires santé pourraient avoir à rembourser davantage les dépassements d'honoraires". Le quotidien souligne que parmi les candidats à la présidentielle, seuls Eva Joly (Europe Ecologie- Les Verts) et Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) "ont pris clairement position pour la suppression du secteur privé à l'hôpital public".
John Sutton