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La France face à la crise

"Les Français ont peur pour leurs économies, peur pour leur emploi, peur pour leur pouvoir d’achat." Nicolas Sarkozy a volontairement dramatisé la crise financière internationale dans le discours qu’il a tenu hier à Toulon, analyse ce matin Le Parisien/Aujourd’hui. Sur le fond, poursuit ce quotidien, le chef de l’Etat annonce une réorientation de sa politique : "Du libéralisme décomplexé à l’anglo-saxonne affiché pendant sa campagne à un libéralisme teinté d’interventionnisme, plus conforme à la vieille tradition française."

Désormais, rapportent en "une" La Tribune, "le laisser-faire, c’est fini". Pour cela, explique Libération, Nicolas Sarkozy se dit "prêt à refonder le capitalisme et à sanctionner les patrons", tant du point de vue international que national. En France, il promet d’"accélérer le rythme des réformes, en aucun cas l’arrêter ou le ralentir". Nicolas Sarkozy a ainsi confirmé que 30.600 emplois publics seront supprimés en 2009, dans le cadre du non-remplacement d’un agent de l’Etat sur deux partant à la retraite.

Une deuxième étape de réformes doit d’ailleurs être engagée l’année prochaine. Elle concernera "dès janvier" la réforme des administrations locales, notent Les Echos (page 2 à 3). Pour le président, le nombre des collectivités locales et l’enchevêtrement de leurs compétences sont "une source d’inefficacité et de dépenses supplémentaires". Pour Le Parisien/Aujourd’hui, "la suppression des départements pourrait revenir à l’ordre du jour. Bronca des élus locaux en perspective".

Même si le chef de l’Etat s’est dispensé d’"annoncer de réelles mesures" estime Libération (pages 2 à 4), il a prévenu qu’il n’accepterait pas "des hausses d’impôts et des taxes qui réduiraient le pouvoir d’achat". Les taxes sur les entreprises ne devraient pas augmenter non plus.

Il faudra pourtant trouver des ressources pour combler le déficit budgétaire que doit dévoiler aujourd’hui le ministère de l’Economie. Comme l’indique Le Figaro (page 20), celui-ci doit en effet se fixer aux alentours de 48 milliards pour 2008. "C’est 6 milliards de plus que prévu." Les prévisions pour 2009 sont tout aussi inquiétantes, puisque le trou devrait continuer à se creuser pour atteindre 52 milliards d’euros.

A priori, "c’est bien la dégradation des recettes, due à la crise économique, et non l’envolée des dépenses qui provoquera le creusement du déficit" explique le quotidien. Certains ministères connaîtront donc de sérieuses réductions de leurs crédits, préviennent Les Echos (page 4). Avec quelques autres, celui de la Santé s’en tire plutôt bien : il parvient en effet à maintenir une augmentation de + 7,3% de ses crédits.

Aeras : l’emprunt plus accessible aux malades
Après plus d’un an de fonctionnement, le dispositif de la convention Aeras (S’assurer et emprunter avec un risque aggravé de santé) donne de bons résultats. C’est en tous cas ce qui ressort d’un rapport de la commission des Affaires sociales du Sénat réalisé par la sénatrice UMP de Paris, Marie-Thérèse Hermange.

La convention Aeras permet aux personnes atteintes de maladie graves de souscrire plus facilement une assurance en vue d’un emprunt. Au total, rapporte La Tribune (page 21), 431.000 demandes d’assurance de ce type ont été formulées en 2007, soit 10% de l’ensemble des dossiers d’assurance emprunteur. De nettes améliorations que les rapporteurs prêtent à une bonne communication du dispositif. Cependant, les associations regrettent que certaines dispositions soient mal respectées, notamment une couverture insuffisante du risque d’invalidité.

Les dépassements d’honoraires en débat sur France 3
Jean-Martin Cohen Solal a participé hier à l’émission "A la carte" de France 3, consacrée aux dépassements d’honoraires. Le directeur général adjoint de la Mutualité française a expliqué pourquoi une prise en charge systématique des dépassements n’est pas dans l’intérêt à long terme des assurés sociaux. Une telle pratique encourage en effet "une inflation des dépassements", entraînant une spirale des dépenses pour les ménages.

Jean-Martin Cohen Solal a plaidé pour une transparence des tarifs médicaux, à l’instar de Michel Chassang, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF). Pour ce médecin, les patients ne doivent pas hésiter à faire "jouer la concurrence" entre les professionnels de santé. Interrogé sur l’aide à la complémentaire santé, Jean-Martin Cohen Solal a rappelé que le dispositif "n’est pas assez connu". " Près de 2,7 millions de personnes sont concernées mais seulement 330.000 d’entre elles en bénéficient. "

Frédéric Lavignette et Jean-Michel Molins