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La Cour des comptes juge sévèrement le dispositif du médecin traitant

A première vue, le dispositif du médecin traitant, mis en place en 2004, est un succès. La part des consultations effectuées dans le cadre du parcours de soins coordonnés est passée de 87,2% en 2008 à 91% en 2011. "L'adhésion des assurés au dispositif ne se dément pas", se félicite la Cour des comptes dans son rapport annuel présenté hier. Mais c'est bien le seul compliment qu'elle accorde au dispositif, remarque Le Figaro-économie (page 18).

Indispensable, cette réforme est malheureusement restée "inaboutie", déplore la Cour. "La mise en place du mé­decin traitant s'est avant tout tra­duite pour l'assuré par un parcours tarifaire d'une considérable complexité", cons­tate le rapport de la Cour, cité dans Les Echos (page 4).

Les bons scores d'adhésion s'expliquent en grande partie par la peur des pénalités, fixées pour dissuader les patients d'aller consulter directement un spécialiste sans passer par leur médecin traitant, explique Le Monde (page 8). Dans ce cas, 70% du prix de la consultation reste à la charge du patient, contre 30% si le parcours de soins a été respecté, précise le quotidien.

Mais ce principe a été rendu compliqué par plusieurs exceptions, notent Les Echos. Ainsi, l'accès direct a été autorisé pour certains spécialistes comme les gynécologues ou les ophtalmologues, ou certains types de consultations. En outre, relèvent les magistrats, les préoccupations de l'assurance maladie et des syndicats de médecins libéraux "ont largement pris le pas sur le contenu médical du dispositif". Cette réforme a entraîné d'importantes revalorisations tarifaires (forfaits, majorations) pour les médecins, qui ont coûté 595 millions d'euros à la Sécu en 2011, souligne Le Figaro-économie.

"En regard de ces surcoûts, avérés, les économies attendues de l'optimisation des soins médicaux n'ont jamais donné lieu à évaluation", déplore la Cour des comptes. Mais elle relève un "curieux paradoxe" : les spécialistes en ont "davantage bénéficié financièrement que les généralistes, alors que ces derniers étaient censés être la clé de voûte de la nouvelle organisation". "Articulation insuffisante" entre praticiens, enlisement du dossier médical personnel (DMP)… "Chaque acteur tend à vouloir que la coordination s'exerce à partir de sa propre sphère de responsabilité", regrette le rapport (Les Echos).

"La réforme est restée purement administrative, sans apporter la meilleure coordination des soins qui était son ambition", déplore Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes. En conclusion, cette haute juridiction demande que le médecin traitant soit "clairement réaffirmé comme le coordinateur des soins de ses patients". Un jugement sévère, que le gouvernement devra inclure dans son projet de "stratégie nationale de santé", axée sur la "médecine de parcours".

La protection d'enfance réclame plus de moyens
Les 6es Assises de la protection de l'enfance se sont déroulées les 11 et 12 février au Mans (Sarthe). Elles ont été l'occasion de faire le point sur la maltraitance aux enfants, encore trop souvent mal repérée et mal prise en charge, faute de moyens suffisants, rapporte Libération.

Aujourd'hui, 100.000 enfants en danger sont signalés chaque année, dont 20.000 pour maltraitance. Le système de placement en établissement ou en famille d'accueil, qui coûte 6 milliards d'euros par an aux départements, est saturé, souligne Le Monde (page 10).

Depuis 1986, la prise en charge de "l'enfance en danger" est confiée aux départements. Elle représente une part importante de leur budget, mais une part variable, car le nombre d'enfants en danger s'apprécie selon différents critères. "Ce qui a intéressé l'Etat et les politiques ces derniers temps, ce n'est pas l'enfant en danger, mais l'enfant délinquant", dénonce Laurent Puech, vice-président de l'Association nationale des assistants de service social (Anas), dans Libération.

Le Journal de l'action sociale, organisateur des Assises de la protection de l'enfance, a réalisé un sondage auprès d'anciens enfants placés. Si 54% d'entre eux estiment que le placement les a sauvés, ils sont 62% à avoir souffert de "ruptures" dans leur parcours (ballotage de foyer en foyer) et 43% à avoir souffert du maintien "à tout prix" des liens avec leurs parents.
John Sutton