La Cnam veut plafonner les dépassements d’honoraires sur l’orthodontie

Plafonner les dépassements d'honoraires sur les actes d'orthodontie : cette recommandation figure parmi les 21 propositions adoptées le 8 juillet par le conseil de la Caisse nationale d'assu­rance maladie (Cnam), rappelle Le Monde (page 12). Deux évolutions préoccupent particulièrement l'assurance maladie : la généralisation des dépassements d'honoraires et leur très grande hétérogénéité.

En effet, la part des professionnels dont les honoraires sont trois fois supérieurs au barème de la Sécurité sociale varie de 0% (dans trois régions seulement) à 94%, en Ile-de-France. Rares sont les orthodontistes dont les tarifs n'atteignent pas au moins deux fois les "honoraires sans dépassement" (HSD), constate le quotidien. Dans certaines grandes villes, comme Paris, les tarifs sont particulièrement élevés.

Selon les calculs du cabinet de conseil Jalma, le "traitement semestriel" coûte, en moyenne, 718,50 euros (193,50 euros remboursés par la Sécu, 402 euros par la mutuelle et 123 euros restant à charge de la famille). Dans la capitale, ce montant s'envole à 1.130 euros, contre 573 euros pour les départements les moins chers. C'est aussi à Paris que le reste à charge est le plus élevé : 506 euros contre 83 pour les zones les moins chères.

Le décret d'application de la loi HPST devant préciser les sanctions applicables aux professionnels qui abusent, se fait toujours attendre, souligne Le Monde. De son côté, l'Union nationale des associations familiales (Unaf) rappelle que pour les familles sans couverture complémentaire ou avec des contrats moyens ou bas de gamme, les dépassements en orthodontie sont pénalisants. "C'est une bonne chose de plafonner, mais le vrai problème, c'est la baisse de la prise en charge par l'assurance maladie", estime Nathalie Tellier, chargée de mission à l'Unaf.

Une idée partagée par la Mutualité Française, qui s'inquiète du renoncement aux soins de certaines familles dû aux tarifs élevés, "et où l'on reconnaît que ces dépassements ont pour impact une hausse des cotisations". Selon le chiffrage de la Cnam, les honoraires des orthodontistes sont passés de 180 millions d'euros en 1995, à 516 millions en 2009, en grande partie en raison des dépassements. Ces derniers, fait remarquer le président de la Mutualité Française, Jean-Pierre Davant, "augmentent deux fois plus vite que les dépenses de santé"...

L'antibiotique Avandia® sur la sellette
Un comité d'experts indépendants réunis par l'agence américaine des médicaments (Food & Drug Administration) recommande soit de retirer du marché l'antidiabétique Avandia® (rosiglitazone), soit d'en renforcer les précautions de prescriptions, indique Le Figaro (page 8). Le comité juge que ce médicament, commercialisé par le laboratoire britannique GlaxoSmithKline, augmente les risques cardiaques avec une surmortalité par infarctus et accidents vasculaires cérébraux (AVC).

La FDA n'est pas tenue de suivre ces recommandations, mais elle s'y conforme le plus souvent. De son côté, l'Agence européenne du médicament planchera la semaine prochaine sur la nécessité de recommander une annulation, une suspension ou une modification de son homologation, indique le quotidien Les Echos (page 16). Quant à l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), elle souligne que seuls "quelques rares cas de pharmacovigilance" ont été signalés (Le Figaro).

"Nous avons également restreint à plusieurs reprises, la dernière fois en janvier 2008, l'utilisation du produit notamment chez les patients ayant une maladie cardiovasculaire", précise Anne Castot, de l'Afssaps. De son côté, le Pr André Grimaldi, ancien chef du service de diabétologie à la Pitié-Salpêtrière, à Paris, ne prescrit d'Avandia® depuis plusieurs années. "On nous avait annoncé un bénéfice en matière cardiovasculaire, or ce n'est pas le cas", explique-t-il dans Le Figaro. Certains spécialistes préfèrent prescrire son concurrent Actos® (pioglitazone) du laboratoire japonais Taketa. S'il a les mêmes inconvénients en matière de prise de poids, il présente le net avantage d'être plutôt cardioprotecteur.
John Sutton