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La Cnam préconise des mesures structurelles pour contenir les dépenses de santé

Il faudrait faire entre 2 et 2,5 milliards d'économies en 2011 pour respecter l'objectif de progression des dépenses de santé fixé par Nicolas Sarkozy, soit à peu près autant qu'en 2010, estiment Les Echos (page 3). Dans un rapport examiné demain par son conseil, la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) évoque certaines pistes pour contenir les dépenses d'assurance maladie, en attendant des propositions plus précises dans quelques jours. Le gouvernement s'appuiera sur ces propositions pour préparer le PLFSS pour 2011, voté à l'automne.

La Cnam souligne une nouvelle fois la nécessité de mesures "structurelles" : "Des marges importantes subsistent dans les modes de recours et l'organisation du système de soins, la productivité des offreurs, la fixation des tarifs, et, à moyen terme, l'évolution des comportements et le développement de la prévention."

Le rapport recommande notamment de s'attaquer aux "disparités" des pratiques et des parcours de soins pour gommer les "rentes" et les "inefficiences d'organisation". "A structure démographique comparable, la consommation de soins varie de 26 % entre régions extrêmes", la région Provence-Alpes-Côte d'Azur arrivant en tête et les Pays de la Loire en queue. Entre départements, ce sont parfois des écarts de 50 % qui sont constatés !

"Ces écarts ne sont expliqués que partiellement par des différences d'état de santé", commente la Cnam. Ils sont dus principalement à des différences de pratiques médicales ou paramédicales difficiles à justifier, et qu'il faudrait donc harmoniser, soulignent Les Echos. Le rapport fait également apparaître des écarts régionaux dans les prescriptions de médicaments, le recours à la chirurgie de la cataracte ou des varices, le nombre d'arrêts de travail de plus de 6 mois pour dépressions ou troubles névrotiques (variation de 1 à 4 selon les départements), note Le Figaro-économie page 23.

L'Union nationale des organismes d'assurance maladie complémentaire (Unocam) a également élaboré une "plate-forme de propositions" pour générer un milliard d'euros d'économies dans la perspective du PLFSS 2011, selon L'Argus de l'assurance, repris dans Les Echos (page 31). L'Argus de l'assurance estime qu'un tel plan permettrait aux complémentaires de réaliser 500 millions d'euros d'économies.

Sida : nouvelle stratégie
Des chercheurs de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont établi en 2008 que le dépistage volontaire annuel du VIH chez tous les adultes, suivi immédiatement d'un traitement antirétroviral en cas d'infection, permettrait de réduire de 95% le risque de transmission du sida en dix ans, souligne Le Monde (page 4). "Sur cette période, le nombre annuel de nouvelles infections au VIH serait abaissé de 10 à 1 pour mille adultes", précise l'Orga­nisation mondiale de la santé. L'OMS et l'Onusida envisagent donc d'utiliser les traitements antirétroviraux comme une arme contre la transmission de la maladie. "Appliquer ce type de modèle supposerait toutefois de maîtriser plusieurs paramètres, dont la capacité de dépistage – sachant que plus des trois-quarts des personnes séropositives ignorent leur statut – et l'acceptation d'être traité moins pour soi que pour un bénéfice collectif", explique le Pr Jean-François Delfraissy, directeur de l'Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS). L'utilisation des traitements à des fins préventives accroîtra mécaniquement le nombre de personnes à traiter. L'OMS et l'Onusida n'ont pas encore avancé d'estimations à ce sujet. Le coût initial serait élevé mais, selon l'Onusida, cet "investissement sur la santé" produira des bénéfices à plus long terme. "Ce sera aussi un changement d'échelle vers une nouvelle génération du traitement anti-VIH qualifié de ”Traitement 2.0”, plus efficace, financièrement abordable et durable", note Le Monde.
John Sutton