La Cnam met en ligne les tarifs des actes techniques des médecins

A partir d'aujourd'hui, les tarifs des actes techniques des médecins sont mis en ligne sur le site Internet de la Caisse nationale d'assurance maladie (ameli.fr) pour améliorer l'information des assurés sociaux, annonce Le Figaro-économie (page 19). Cent onze millions d'actes sont pratiqués chaque année, dont une grosse moitié de radios, scanners, échographies, IRM ; un quart d'actes diagnostics comme les examens ophtalmologiques, les électrocardiogrammes, les tests d'allergie ou les endoscopies digestives ; le reste étant composé des actes chirurgicaux et d'obstétrique. Ces actes représentent un total de 5,1 milliards d'euros d'honoraires auxquels s'ajoutent 700 millions d'euros de dépassements, précise Le Figaro-économie. La Cnam mettra en ligne les tarifs de chaque médecin pour les 99 actes les plus fréquents.

Cette deuxième vague de transparence sur les tarifs des médecins, fait suite à la mise en ligne sur le site de la Cnam, en juillet dernier, des tarifs moyens de consultation pratiqués par les médecins et les dentistes. Avec 500.000 connexions les quatre premiers mois, ce service a connu un succès immédiat, souligne Le Figaro-économie. Pour les médecins, l'annuaire précise notamment le secteur d'appartenance. Les patients qui souhaitent éviter de payer les dépassements d'honoraires peuvent ainsi s'orienter vers un praticien qui respecte les tarifs de la Sécurité sociale. Il est aussi possible de vérifier si le praticien accepte ou pas la carte Vitale. Quant aux médecins du secteur 2, en honoraires libres, le site fournit une fourchette des prix pratiqués en plus du tarif moyen.

Michel Chassang, président de la CSMF, juge la démarche "légitime, à condition qu'il n'y ait pas d'erreurs et que le prix ne devienne pas le seul critère de choix : les plus chers ne sont pas forcément les meilleurs !". Un généraliste souligne qu'un prix "n'indique ni les diplômes, ni le matériel utilisé, ni l'expérience, ni le temps consacré au patient...".

Frédéric van Roekeghem, directeur de l'assurance maladie, promet l'amélioration de ce service, et notamment, "à terme, de donner le nombre d'actes" par praticien ou par établissement. Sachant qu'une fréquence élevée est souvent gage de qualité.

Psychiatrie : des malades dans la cité
L'appel de Nicolas Sarkozy au renforcement des dispositifs d'enfermement des malades psychiatriques paraît bien anachronique à une équipe de soignants de la banlieue de Lille, qui suit ces patients à domicile depuis trente ans, souligne un reportage du Monde (page 19). Cette expérience unique en son genre se déroule sur un territoire de 90.000 habitants, où 150 médecins, infirmières, psychologues et éducateurs s'occupent chaque année de 2.200 patients, en coopération avec les services sociaux, les organismes HLM et les municipalités. Pour l'équipe du psychiatre Jean-Luc Roelandt, l'intégration des patients dans la cité n'a pas qu'une vocation humanitaire, elle a surtout des vertus thérapeutiques. Tout est fait pour que les personnes en souffrance restent dans leur communauté. Privilégier le contact humain plutôt que les murs, c'est affirmer aux patients qu'ils n'ont pas perdu leur citoyenneté, qu'ils peuvent se redresser, malgré la maladie.

"On responsabilise les patients, on fait en sorte qu'ils soient acteurs de leur prise en charge. On ne veut être ni dans l'assistanat, ni dans la victimisation", explique le cadre de santé, Yannick Boulongue. Cette prise en charge "sur mesure" a un prix, celui de l'engagement total et constant du personnel soignant. Unique en son genre en France, cité en modèle à l'étranger, le service du Dr Jean-Luc Roelandt détonne dans une psychiatrie publique tentée par le repli sur l'hôpital.

John Sutton