La Cnam face aux réformes

Dans un entretien qu’il accorde à La Tribune (page 26), le directeur général de l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam) exprime son point de vue sur les réformes à venir. Frédéric Van Roekeghem revient notamment sur l’idée évoquée par la ministre de la Santé d’un désengagement de la "Sécu" dans le remboursement des soins d’optique au profit des complémentaires. Sans se déclarer favorable à une telle suggestion, il juge nécessaire d’"ouvrir une discussion avec les complémentaires à ce sujet, pour améliorer globalement les remboursements". Concernant l’intervention de l’assurance maladie, ce responsable rappelle qu’"un débat a eu lieu l’an dernier au sein de l’Uncam et il n’y a pas eu de majorité pour envisager une évolution des règles actuelles".

Pour ce qui relève du bouclier sanitaire, censé plafonner les dépenses restant à la charge des patients, Frédéric van Roekeghem explique que sa mise en place ne pourra intervenir avant deux ans pour des raisons techniques. "Le bouclier sanitaire introduirait par ailleurs une modification importante des règles de prise en charge des soins", reconnaît-il. En outre, ce dispositif ne peut résoudre "la question de la soutenabilité et de l’efficience de la dépense de santé".

L’an dernier, le Comité d’alerte avait tiré le signal d’alarme en raison de dépenses excessives. Même si la branche maladie affiche un déficit de 4,6 milliards en 2007, la Cnam semble plus sereine cette année puisque "l’évolution des dépenses de soins de ville au premier trimestre reste très modérée, autour de 2%", relève son directeur.

La hausse de la consultation des généralistes à 23 euros n’est pas non plus pour tout de suite, indique Frédéric van Roekeghem. Le sujet sera abordé lors du prochain conseil de l’Uncam du 22 mai prochain. Cette hausse pourrait intervenir "au plus tôt début 2009, sous réserve que nous tombions d’accord sur des contreparties", poursuit-il. L’assurance maladie milite notamment en faveur de "mesures opérationnelles de régulation de la démographie médicale".

Six mois après la mise en place des franchises médicales, la Cnam observe quelques changements dans le comportement des patients. L’"infléchissement notable des dépenses remboursées de médicaments au premier trimestre" s’explique probablement par une "gestion plus parcimonieuse" de la pharmacie familiale des patients. "Ils vérifient d’abord qu’ils n’ont pas tel médicament avant d’en faire l’acquisition", justifie Frédéric van Roekeghem.

La création des futures agences régionale de santé (ARS) est également évoquée alors que leur statut juridique fait débat, rapportent Les Echos (page 3). La ministre de la Santé a tenu à rassurer les directeurs de caisse primaires de plus en plus inquiets : "Il va de soi que la création des ARS n’enlèvera rien au rôle de l’assurance maladie", a affirmé Roselyne Bachelot. Un sentiment partagé par le directeur de l’Uncam qui indique "aborder sereinement cette réforme".

Retraites : les insuffisances de la réforme
Les mesures présentées par le ministre du Travail dans le cadre du "rendez-vous 2008 sur les retraites" ne ramèneront pas à l’équilibre le régime du privé à la fin du quinquennat, indiquent Les Echos (page 3). Ces dispositions présentées fin avril permettront "au mieux de stabiliser autour de 5 milliards d’euros le déficit, grâce à des transferts de recettes permis par la bonne santé financière de l’Unedic et de la branche famille", précise le quotidien.

En effet, l’augmentation de la durée de cotisation à 41 ans était déjà intégrée dans les comptes prévisionnels. Quant aux mesures nouvelles, telles que la hausse du minimum vieillesse ou celle du taux des pensions de réversion, elles risquent au contraire d’augmenter plus encore les dépenses et de conduire à un déficit de 11 milliards d’euros pour 2012. "Le gouvernement devra lever le voile sur les perspectives financières de sa réforme au plus tard lors de la présentation du budget 2009 de la Sécurité sociale", concluent Les Echos.

Frédéric Lavignette