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L’image des mutuelles ne connaît pas la crise

Malgré un contexte social difficile, les Français continuent d’accorder massivement leur confiance aux mutuelles. C’est que révèle un sondage réalisé par l’institut CSA qui a été rendu public à l’occasion du 39e congrès de la Mutualité française. Selon cette enquête, 68% de nos concitoyens désapprouvent la taxation des mutuelles. Près des trois quarts d’entre eux jugent légitimes les réserves de trésorerie des mutuelles.

En cette période de crise et d'incertitude, la confiance entre les Français et la Mutualité demeure élevée. C'est ce qui ressort d'une étude intitulée "La perception des mutuelles par les Français et les attentes à leur égard", conduite par le Centre d’études et de connaissances sur l’opinion publique (Cecop), à partir d’un sondage réalisé par l'institut CSA. Depuis 2000, c'est la quatrième fois que la Mutualité française réalise cette enquête pour son congrès.

En matière de protection sociale et de solidarité, les mutuelles sont en tête des acteurs de la santé et de la prévoyance, avec 75% d’opinion positive. La Sécurité sociale arrive en bonne place, avec un indice de confiance de 70%. Les compagnies d’assurances sont, en revanche, loin derrière (38%), tout comme la bancassurance (23%).

La confiance envers les mutuelles s'étend à leur mode de gestion : 80% des Français considèrent qu'elles sont bien gérées, contre 53% pour les compagnies d’assurances et seulement 38% pour la Sécurité sociale. "Les mutuelles et la Sécurité sociale bénéficient d'un niveau de confiance comparable, commente Jérôme Jaffré, directeur du Cecop. Mais la qualité de gestion fait la différence dans la perception des personnes interrogées. "

Plus de deux Français sur trois désapprouvent la taxe
Question d’actualité : l'étude s'est intéressée à l'opinion des assurés sociaux sur les réserves de trésorerie des mutuelles. Bien qu'elles soient imposées par la législation, ces provisions ont, en effet, été mises à profit pour justifier l'instauration en 2009 d'une taxe de 1 milliard d’euros sur les complémentaires santé afin de renflouer les caisses de la Sécurité sociale.

Le sondage montre que nos concitoyens n'ont pas été dupes de certaines campagnes de déstabilisation : 74% d’entre eux estiment "souhaitable" que les mutuelles disposent de réserves de trésorerie suffisantes pour garantir leur bonne marche. A titre indicatif, 61% des personnes interrogées situent entre six mois et deux ans de fonctionnement le bon niveau des réserves.

Le message adressé aux pouvoirs publics est clair : plus de deux Français sur trois (68%) désapprouvent la taxe prélevée sur les mutuelles pour contribuer au financement de la Sécurité sociale. Lucides, ils sont 63% à considérer que les mutuelles ne sont pas en mesure de payer cette taxe sans en répercuter le coût sur les cotisations des adhérents.

Malgré ce niveau de confiance élevé, les mutuelles subissent toutefois, comme tous les autres acteurs de la protection sociale, une baisse d’image : en 2006, elles bénéficiaient d’un taux record de 86%, soit une diminution de 11 points. Mais de leur côté, les compagnies d’assurances reculent davantage encore, avec une chute de 16 points ! Ainsi, la baisse d’image des mutuelles ne profite pas aux assureurs. "Il n’y a pas de report de confiance", note le directeur du Cecop.

Pessimisme sur l’avenir du système social
Comment expliquer alors ce phénomène, qui touche également la Sécurité sociale (-12 points) ou encore les caisses de retraite (- 13 points) ? Pour Jérome Jaffré, ces résultats traduisent une inquiétude des Français sur la pérennité de système de protection sociale "et les mutuelles n’y échappent pas". "En période de crise, ajoute-t-il, on fait davantage confiance aux acteurs institutionnels." De fait, l'Etat progresse de 3% et les syndicats de 4%.

Ce relatif infléchissement ne remet pas en cause la satisfaction globale des adhérents ni leur adhésion aux principes mutualistes. Les Français mettent globalement sur un pied d'égalité les "valeurs de solidarité" (52%) et l'exigence du "meilleur taux de remboursement" (45%). Le taux de satisfaction envers les mutuelles demeure stable et élevé : 90% des adhérents sont très ou assez satisfaits de leur mutuelle.

Martine Ciprut