L’hôpital face à ses défaillances

Polémique sur l'hôpital après la survenue de deux faits divers tragiques. La veille de Noël, un enfant de 3 ans est décédé à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul (Paris). Présenté au service des urgences pédiatriques pour une angine, le petit Ilyès a été placé sous perfusion. Malheureusement, raconte Le Monde de samedi (page 10), une infirmière lui administre du chlorure de magnésium au lieu d'un sérum glucosé destiné à la réhydrater, en raison d'une "erreur de manipulation". Placée en garde à vue, l'infirmière a été mise en examen pour "homicide involontaire".

Le deuxième drame s'est déroulé samedi soir, rapporte Le Parisien/Aujourd'hui (page 13). Un homme de 56 ans, victime d'un malaise cardiaque à Massy (Essonne), est décédé faute d'avoir pu être accueilli à temps dans un service de réanimation. Six heures se sont en effet écoulées entre l'alerte et son admission, dimanche matin, dans un établissement hospitalier.

Après le décès d'Ilyès, les syndicats de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) ont dénoncé "le manque de moyens humains et matériels", indique La Tribune (page 5) datée de samedi. Dans Le Journal du dimanche (page 12), le président du Syndicat des pédiatres en établissement hospitalier (SNPEH) déplore l'insuffisance de l'entretien du matériel et des locaux de Saint-Vincent-de-Paul. "Ce n'est peut-être pas arrivé par hasard dans cet hôpital qui est à l'abandon, car il doit fermer prochainement", a-t-il déclaré, tout en accusant les restrictions d'effectifs dans les hôpitaux. C'est d'ailleurs pour dénoncer cette "insuffisance" de moyens que les médecins urgentistes se sont mis en grève début décembre, rappellent Les Echos (page 12).

Dans un entretien accordé au Figaro de samedi (page 7), la ministre de la Santé récuse les critiques liées à l'insuffisance de moyens. Roselyne Bachelot rappelle que la loi de financement de la Sécurité sociale "prévoit une augmentation des dépenses de 3,1% en 2009. Au total, ce sont 2,5 millions d'euros de plus qui vont être injectés dans l'hôpital l'an prochain". Avec le plan hôpital 2012, ajoute-t-elle, ce sont 12 milliards d'investissement qui seront investis sur cinq ans.

Si elle admet des dysfonctionnements, ils "découlent d'un problème d'organisation". "L'hôpital est un système lourd qui doit s'adapter à des transformations récentes de grande ampleur : le vieillissement de la population, les technologies qui se renouvellent sans cesse et la démographie médicale qui a beaucoup évolué", explique-t-elle.

Interdiction de fumer : bilan mitigé
A l'heure des bilans, Les Echos (page 2) font celui de la loi interdisant de fumer dans les restaurants, bars et discothèques. Presque un an après son entrée en vigueur, il apparaît que cette interdiction "n'a eu qu'un faible effet sur la consommation de cigarettes". "Les ventes de blondes et de brunes n'ont reculé que de 2,7% en volume", rapporte le quotidien. En revanche, les ventes de tabac à rouler ont continué leur progression, avec +3,3% pour les dix premiers mois de l'année.

De leur côté, les fabricants de substituts nicotiniques "ont vu leurs espoirs déçus", poursuivent Les Echos. Alors qu'ils s'attendaient à une explosion des ventes de patch, gommes à mâcher et autres produits, le marché du sevrage tabagique enregistre une baisse de 14% de son chiffre d'affaire. Le marché des patchs a, par exemple, chuté de 48% sur les dix premiers mois de 2008.

Pour les militants antitabac, la lutte contre le tabagisme ne doit pas s'arrêter là. Ils réclament une nouvelle hausse des prix "d'au moins 10%". Le ministère de l'Economie ne semble toutefois pas pressé de les satisfaire, même si ces prélèvements obligatoires rapportent chaque année 9,5 milliards d'euros à la Sécurité sociale.

Frédéric Lavignette