L’épidémie de grippe A touche à sa fin

"C'est la fin de l'épidémie" en France métropoli­taine, a annoncé hier le Dr Thierry Blanchon, du réseau Sentinelles-Inserm, composé de médecins généralistes. "Cela ne veut pas dire pour autant qu'il faut arrêter de se vacciner, car personne ne peut garantir que cette pandémie ne fera pas de rebond", avant l'hiver prochain, a-t-il ajouté, selon Le Figaro (page 11). Les Grog, l'autre réseau de surveillance de la grippe, notent que le virus est en baisse dans toutes les régions. Au total, la pandémie de grippe H1N1 a tué 240 personnes en France métropolitaine et 29 dans les départements d'outre-mer, selon les dernières données de l'Institut national de Veille sanitaire (InVs).

Un chiffre très nettement inférieur aux 2.500 à 5.000 victimes de la grippe saisonnière chaque année, souligne Le Parisien/Au­jourd'hui en France (page 15). Toutefois, ajoute le quotidien, selon la ministre de la Santé, qui a été auditionnée mardi soir par une trentaine de députés de la commission des Affaires sociales, une seconde vague épidémique n'est pas exclue, et la vaccination reste de mise. Selon La Croix (page 9), Roselyne Bachelot a reconnu qu'une "indemnisation" pourrait être reversée aux laboratoires pharmaceutiques concernés, après la résiliation de la commande de 50 millions de doses de vaccins sur un total de 94 millions. Elle n'en a pas précisé le montant. Quant à la revente de 2 millions de doses à l'Egypte, annoncée début janvier, elle a été annulée. Le député socialiste Gérard Bapt a interrogé la ministre sur "l'indépendance et la transparence" de l'expertise scientifique vis-à-vis de l'industrie pharmaceutique dans la gestion de l'épidémie de grippe A. "Quand on se prépare en tant que ministre de la Santé à une pandémie, on ne choisit pas le scénario qui vous arrange le plus, pas le scénario le plus facile ou le plus optimiste", a répliqué la ministre. A l'occasion de l'audition de Roselyne Bachelot à l'Assemblée nationale, le président de la commission des Affaires sociales a annoncé qu'une mission d'information ou une commission d'enquête sur la gestion de la grippe H1N1 allait être mise en place prochainement, souligne Le Figaro. Roselyne Bachelot s'en est félicitée et a souhaité que la stratégie adoptée par l'OMS soit aussi examinée de près.

Haïti : au moins 100.000 victimes du séisme
Le tremblement de terre, d'une magnitude 7, aurait causé la mort de plus de 100.000 personnes, selon le Premier ministre haïtien. Cette catastrophe fait la "une" de la totalité des quotidiens nationaux, ce matin, exception faite de La Tribune, qui titre sur la crise au Medef. "Terre mau­dite", constate Libération dans un numéro spécial, qui rappelle qu'Haïti est "un pays déjà meurtri par la pauvreté, les dictatures et les catastrophes naturelles". L'aide internationale commence à arriver massivement. La Fédération internatio­nale de la Croix-Rouge s'apprête à secourir 3 millions d'Haïtiens situés dans la zone touchée par le séisme. Trois avions de transport militaire français ont décollé hier de la Martinique, transportant une cinquantaine de sauveteurs et un Airbus A 310 a quitté la base aérienne d'Istres, avec à son bord une soixantaine de membres de la Sécurité civile. Sapeurs-pompiers, médecins secouristes, maîtres-chiens… les sauveteurs français sont déjà sur la brèche, indique Libération (pages 10 et 11), qui publie un entretien dans lequel un responsable de Médecins sans frontières, signale la destruction partielle d'un hôpital chirurgical de l'association à Port-au-Prince. Un autre hôpital pédiatrique, celui de l'association Nos petits frères et sœurs, s'est également effondré sur une soixantaine de malades et de soignants, note Le Parisien/ Aujourd'hui en France (page 6). "Haïti accablé", titre La Croix, qui souligne, en page 4, que "la présence permanente des ONG", dans le pays le plus pauvre d'Amérique, "va faciliter la mobilisation" des secours. Enfin, dans L'Humanité (page 4), Julien Lauprêtre, président du Secours populaire français, présent à Haïti depuis 1980, lance un appel à la solidarité avec les sinistrés.

L'économie sociale veut être reconnue
L'Union des syndicats et groupements d'employeurs représentatifs dans l'économie sociale (Usgeres) exige une meilleure reconnaissance de la part des pouvoirs publics, souligne Le Figaro-économie (page 23). Alain Cordesse, président de l'Usgeres, réclame au ministre du Travail, Xavier Darcos, la tenue d'un "Grenelle du patronat" en 2010. "C'est un vrai pro­blème de démocratie sociale", a-t-il estimé hier lors d'une rencontre avec l'As­sociation des journalistes de l'information sociale (Ajis), "Nous ne sommes toujours pas représentatifs et ne siégeons dans aucune instance officielle, alors que nous avons réalisé 19% des voix aux dernières élections prud'homales." Alain Cordesse entend désormais "avoir son mot à dire" et prévient : "Soit le ministre nous entend, soit nous irons chercher notre représentativité devant les tribunaux."
John Sutton