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L’énigme du furosémide

"Mystère", c'est le terme qu'ont retenu la plupart des journaux pour évoquer l'incompréhension des enquêteurs de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) après leur visite lundi à Sens (Yonne), dans l'usine de conditionnement du laboratoire Teva.

Ces quatre inspecteurs, rappelle Le Figaro (pages 2 et 3), ont tenté de comprendre comment et pourquoi des comprimés de zoplicone (somnifère) se sont substitués à des cachets de furosémide 40 mg dans certaines boîtes de ce diurétique, causant probablement la mort de deux personnes et l'hospitalisation d'une troisième.

Hier soir, au terme de leur inspection, ils n'ont identifié aucun dysfonctionnement, c'est-à-dire aucun défaut, "ni dans l'organisation, ni dans les pratiques, ni dans l'équipement de l'usine", indique le quotidien. En dépit de ce constat, l'enquête se poursuit avec les autorités judiciaires.

Du côté du laboratoire Teva, on explique dans Le Parisien/Aujourd'hui (page 4) qu'"aucune piste n'est exclue, et aucune raison n'est avancée en l'état". Le leader mondial du marché du générique n'écarte pas non plus l'idée d'une éventuelle malveillance. Il faut dire que le laboratoire israélien pèse lourd sur le marché du médicament (71 millions de gélules vendues dans le monde en 2011 et 46.000 personnes employées) et "on lui prête l'envie de commercialiser en 2014 le premier générique de Viagra®, ce qui lui vaut des actions en justice du fabricant Pfizer pour tenter de prolonger les droits de son brevet".

Dans cette lutte impitoyable entre laboratoires, ajoute Le Parisien/Aujourd'hui, "Teva a aussi attaqué, avec succès Sanofi devant l'Autorité de la concurrence pour stratégie de dénigrement à l'encontre de son générique du Plavix®, entraînant une amende record le 14 mai de 40,6 millions d'euros infligée au leader français".

Par prudence, indique Le Figaro, Teva a étudié "l'hypothèse selon laquelle d'autres médicaments conditionnés à Sens auraient pu être interchangés", et, toujours par mesure de précaution, le laboratoire a également décidé "de suspendre temporairement les expéditions de tous les médicaments qui y ont été conditionnés".

Chaque mois, 800.000 boîtes de furosémide sont vendues en France, dont 70.000 proviennent du laboratoire Teva. En avril, l'assurance maladie en a remboursé 82.188. Sur ce nombre, précise La Croix (page 8), "hier, personne ne semblait savoir avec précision combien de boîtes étaient concernées par l'erreur".

Quoi qu'il en soit, cet épisode dramatique relance le débat sur l'efficacité et la sécurité des génériques. Hier, au journal de 19 heures de la chaîne Public Sénat (cliquer ici), le président de la Mutualité Française débattait sur ce sujet avec le Dr Sauveur Boukris, auteur d'un ouvrage intitulé Médicaments génériques : la grande arnaque. Après avoir regretté que l'affaire du furosémide soit instrumentalisée pour attaquer les génériques, il a rappelé que le médicament générique possède les mêmes qualités et le même principe actif que le médicament princeps. Etienne Caniard a également souligné que l'ANSM procède à des contrôles "tous les deux ans sur les chaînes de fabrication des génériques, contre tous les cinq ans pour le princeps". La France n'est pas, loin s'en faut, le seul pays à vouloir développer une politique des génériques. "Dans notre pays, 22% des boîtes de médicaments vendues sont des génériques contre 66% en Grande-Bretagne et 75% aux Etats-Unis", a fait valoir Etienne Caniard. Cette faiblesse des prescriptions est la preuve, estime-t-il, que "les médecins n'ont pas été suffisamment associés à cette politique".

Fonction publique territoriale : le petit absentéisme en baisse
"Entre 2011 et 2012, la part des arrêts d'une journée pour maladie ordinaire a baissé de 43,2%" chez le 1,88 million de fonctionnaires territoriaux. C'est l'un des constats d'une étude réalisée par la Société française de courtage d'assu­rance du personnel (Sofcap) auprès de 350.000 agents.

Selon les auteurs de l'enquête, rapportent Les Echos (page 4), cette tendance, qui s'observe également sur les arrêts de deux jours (– 18%) et de trois jours (– 12,2%), est probablement attribuable "à la mise en œuvre d'un jour de carence sur les absences pour des raisons de santé en maladie ordinaire pour la fonction publique territoriale". A noter, rappellent Les Echos, que ce jour de carence sera supprimé en 2014.

Au total, ajoute cependant le quotidien économique, "la croissance traditionnelle des absences au travail pour raisons de santé s'est stabilisée sous l'effet de l'allongement du poids des congés de longue durée"/ Par rapport à 2007, le taux d'absentéisme a même progressé de 14,1%. En six ans, la fréquence des arrêts pour accident du travail a par ailleurs augmenté de 22%.

De son côté, la direction générale des collectivités locales notait récemment que le nombre de jours pris par les agents au titre de la maladie variait en fonction de l'employeur. Ceux-ci s'élèvent en effet à 30 jours en régions, à 21 jours dans les départements et à 24 jours dans les communes.

Frédéric Lavignette