L’emploi à domicile en crise

De tous côtés, l'emploi à domicile montre des signes de souffrance. Qu'ils soient liés au nombre d'employeurs, au volume d'heures déclarées ou encore à la masse salariale, tous les indicateurs de ce secteur qui emploie 2,2 millions de personnes sont en effet en baisse, selon des chiffres publiés aujourd'hui par l'Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss), l'organisme qui chapeaute les Urssaf.

D'après ces statistiques écrit Le Figaro (page 19), au premier trimestre 2013, le nombre d'heures déclarées en emploi à domicile a chuté de 3,8% comparé au dernier trimestre 2012, et de près de 8% en un an. Pour ce qui est du nombre d'employeurs, la baisse sur cette der­nière période est de 3,2% tandis que la masse salariale versée aux employés s'est ré­duite de près de 7%, complètent Les Echos (page 3).

Alors que certains secteurs d'activité subissaient une crise depuis plusieurs années déjà (travaux ménagers à domicile, aide aux personnes âgées, soutien scolaire…), la nouveauté, poursuit le quotidien économique, "c'est que la garde d'enfants est, elle aussi, affectée désormais". Pour la première fois, le nombre d'employeurs de "nounous" est en effet en diminution de 0,4%.
Toutefois, souligne Le Figaro, certains services assimilés à du "confort" (les prestations de ménage, par exemple) ont davantage souffert que la garde d'enfants : pour les premières, les heures déclarées ont chuté de 8,4% sur un an tandis que les secondes accusent une baisse de 4%.

Trois raisons peuvent expliquer cette situation, à commencer par la baisse du pouvoir d'achat qui pousse les ménages à sacrifier certaines dépenses. L'augmen­tation anticipée du Smic le 1er juillet 2012 a aussi certainement eu un impact négatif sur la masse salariale déclarée début 2013. Enfin, les mesures fiscales décidées par les gouvernements Fillon et Ayrault n'ont pas favorisé le secteur, observent Les Echos.

Début 2011, développe le quotidien, l'abattement de 15 points sur les cotisations patronales dont bénéficiaient les ménages-employeurs était tout d'abord supprimé. Puis, au 1er janvier 2013, le régime avantageux de la déclaration au forfait disparaissait. "Ce système, rappelle Le Figaro, permettait aux ménages de payer des charges calculées au niveau du Smic même lorsque le salarié était rémunéré au-delà du salaire minimum."

Pour la présidente de la Fédération des particuliers employeurs de France (Fepem), Marie-Béatrice Levaux, "le secteur ne supporterait pas un nouveau choc". C'est pourquoi, explique-t-elle, "il ne faut surtout pas toucher à la réduction d'impôt et à l'exonération de charges pour les employeurs de plus de 70 ans".

Divergences socialistes sur la réforme des retraites
Le Parti socialiste réunit aujourd'hui son bureau national au cours duquel il fera connaître ses positions sur la réforme des retraites. Dans un document de travail rédigé sous la direction de la secrétaire nationale chargée des personnes âgées, Charlotte Brun, et du secrétaire national en charge de la protection sociale, Pascal Terrasse, plusieurs sensibilités parfois divergentes semblent se dessiner sur le sujet, "y compris sur l'opportunité même d'une réforme à l'automne", indique Le Pari­sien/Aujourd'hui (page 5).

Déjà, observe le quotidien, l'aile gauche du parti a tiré une première salve contre la réforme, ce week-end, en adressant une lettre à tous les parlementaires et responsables socialistes dans laquelle elle estime que cette réforme n'est "ni urgente ni opportune". En effet, selon Julien Dray et Emmanuel Maurel, "rien ne justifie socialement, économiquement et financièrement d'en demander plus aujourd'hui", qui y voient le risque d'"un processus de régression sociale".

Un autre texte également diffusé ce week-end par des proches du ministre de l'Economie solidaire, Benoit Hamon, avertit le gouvernement qu'en période de crise, une réforme passée à marche forcée risquerait de déclencher "une rupture irréversible au sein de la gauche".

Dans le texte qui doit être présenté lors du bureau national, les rédacteurs ont voulu "restaurer la confiance", expliquent Les Echos (page 2). Aussi, récusent-ils, au nom de cette idée, "la désindexation des pensions du régime de base plafonnant à 1.500 euros". Le parti est en revanche ouvert à une augmentation des cotisations salariales et patronales, et "veut bien ouvrir le débat sur une contribution des retraités aisés", notamment par un relèvement de leur taux de CSG.

Par ailleurs, en s'appuyant sur l'idée d'une création de "compte pénibilité", les socialistes comptent débattre sur une possibilité de départ précoce à la re­traite pour les salariés exposés à des travaux pénibles.

Frédéric Lavignette