L’efficacité du dépistage non médicalisé du sida

Alors que la ministre de la Santé propose d’ouvrir dix centres de dépistage du sida hors du milieu médical dès 2011, plusieurs structures de ce genre démontrent déjà l’efficacité de ce type d’initiative. Présentée cette semaine à Vienne, où se clôturera aujourd’hui la 18e Conférence mondiale sur le sida, une étude lancée par l’Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS), en partenariat avec l’association Aides, laisse apparaître que le dépistage non médicalisé en milieu associatif permet de "lever les réticences de ceux qui n’osent pas consulter un médecin pour pratiquer un test".

Comme l’explique Le Figaro (page 8), "pendant un an environ dans les lieux gays, des affiches et des flyers ont été distribués proposant un test rapide dans les locaux de l’association Aides, par un personnel bénévole, non-médecin". Conséquence : les volontaires n’ont pas manqué.

Au total, précise Jean-Marie Le Gall, de l’association Aides, 600 personnes se sont présentées sur les quatre sites proposés. Le test consiste à prélever une goutte de sang après piqûre au bout du doigt. Les résultats sont communiqués très rapidement, sans attente.

Selon ce représentant associatif, environ 3% des personnes se sont avérées positives et "avaient un taux de lymphocytes CD4 le plus souvent supérieur à 500, ce qui traduit une contamination relativement récente". De plus, indique-t-il, "à Paris, nous avons été surpris de voir que nous avions réussi à toucher aussi des blacks et des beurs, qui échappent le plus souvent au système de soins".

Les pistes d’économies de l’Unocam
L’Union nationale des organismes d’assurance maladie complémentaire (Unocam) "estime possible d’économiser environ 1,2 milliard d’euros en 2011 et 3,5 milliards sur trois ans", rapporte Le Monde (page 8).

Dans une note transmise au ministère de la Santé, l’Unocam détaille une série de mesures qu’elle souhaiterait "voir retenues dans le futur budget de la Sécurité sociale". Par exemple, indique La Tribune (page 5), cet organisme suggère de "rapprocher le prix des médicaments génériques des prix européens" et de "dérembourser de manière systématique les médicaments à service médical rendu insuffisant". "S’agissant des dépassements d’honoraires, ajoute Le Monde, l’Unocam appelle à la reprise des négociations sur la création d’un nouveau secteur de tarification, dit optionnel, qui permettrait de les réguler. Elle souhaite, en outre, la création d’un observatoire sur le sujet."

Il faudra attendre la rentrée pour savoir si ces propositions seront retenues par le gouvernement. "Seule certitude pour l’instant, note le quotidien, la hausse de l’Ondam a déjà été fixée par Nicolas Sarkozy lui-même." Alors qu’elle était de 3% en 2010, elle passera à 2,9% en 2011. Pour respecter cet objectif, les économies devront s’élever à 2,2 milliards d’euros, estime la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam).

Pas de tabac pour les moins de 18 ans
Une nouvelle affichette devrait apparaître chez les buralistes signalant qu’"il est interdit de vendre dans les débits de tabac et tout commerce ou lieu public aux mineurs de moins de 18 ans des produits du tabac, y compris notamment le papier et le filtre".

Comme le rappelle Le Parisien/Aujourd’hui (pages 2 et 3), cette mesure était inscrite dans la loi "Hôpital, patients, santé et territoires" (HPST) du 22 juillet 2009, mais le "décret d’application tardait à sortir. C’est chose faite". Désormais, les débitants de tabac pourront demander à leurs clients un justificatif d’identité pour s’assurer de leur majorité. En cas de vente à un mineur, le buraliste peut écoper d’une amende de 135 euros. Pour certains commerçants, cette mesure est un nouveau coup porté à la profession de buraliste, observe le quotidien.

Frédéric Lavignette