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L’économie sociale séduit les nouvelles générations

Grâce à la loi-cadre qui sera discutée au Parlement à partir du 6 no­vembre, l'économie sociale et solidaire (ESS) s'apprête à accueillir en son sein les entrepreneurs sociaux, "porteurs d'innovations sociales et chercheurs de solutions nouvelles face à la crise", qui partagent les mêmes valeurs, souligne l'hebdomadaire La Tribune (pages 1 à 14).

"Cette loi importante est un acte de reconnaissance de l'ESS dans le paysage économique. Il y a dix ans ou même cinq ans, jamais nous n'aurions pu envisager une telle loi", se réjouit Claude Alphandéry, président du labo de l'ESS. Elle "réussit à donner cette conscience qu'il existe d'autres formes d'activités, d'autres filières et d'autres statuts d'entreprises qui permettent d'évoluer vers une croissance beaucoup plus maîtrisée", estime-t-il.

Face à la crise économique, "la so­ciété civile, les associations, les mutuelles, les coopératives et certaines entreprises n'étaient pas sans se soucier qu'il fallait subvenir aux besoins fondamentaux des populations fragiles", rappelle Claude Alphandéry. Une multitude d'initiatives locales ont émergé pour les soutenir, en matière d'emploi, de défense de l'environnement, de santé ou d'éducation, constate La Tribune (page 4).

Partageant des valeurs d'utilité sociale, ces acteurs innovants parlaient de façon trop fragmentée. D'où la nécessité de les réunir et de les accueillir dans le giron de l'économie sociale, plaide La Tribune. Ces entreprises pourront solliciter un fonds dédié de 500 millions d'euros de la banque publique d'investissement (BPI), principalement sous la forme de fonds propres.

Cependant, les acteurs traditionnels de l'économie sociale demandent que des critères stricts s'appliquent aux nouveaux venus pour éviter que l'enveloppe de la BPI n'aille vers des entreprises assez lucratives pour attirer des capitaux par d'autres moyens. "L'ESS n'est pas loin d'entrer dans le paysage des grands décideurs", se réjouit Claude Alphandéry.

"L'économie solidaire n'est pas une économie destinée aux pauvres. Sa force réside dans sa capacité à porter des innovations sociales qui créent du lien social", affirme, dans La Tribune, Elena Lasida, responsable du master "Economie solidaire et logiques du marché" à l'Institut catholique de Paris.

Paul Jorion, chercheur en sciences sociales, résume le défi auquel le troisième secteur est confronté en posant la question : "Est-il possible de protéger suffisamment les projets de l'économie sociale et solidaire qui réussissent contre la prédation qu'exerce le système capitaliste ambiant, et dont ils furent incapables de se protéger autrefois ?"

La pollution de l'air classée cancérigène
"Nous savons maintenant que la pollution de l'air extérieur n'est pas seulement un risque majeur pour la santé en général, mais aussi une cause environnementale de premier plan des décès par cancer" : c'est le constat affirmé par le Dr Kurt Straif, du Centre international de recherche sur le cancer (Circ), une agence de l'Organi­sation mondiale de la santé (OMS), rapporté par Libération (page 17).

La majorité écrasante des cancers du poumon est liée au tabac, mais environ 10 % d'entre eux sont causés par la pollution atmosphérique, entraînant la mort de 223.000 personnes en 2010.

Les experts du Circ, réunis pendant plusieurs jours à Lyon, ont analysé des données scientifiques portant sur des milliers d'individus suivis pendant des décennies, indique Le Figaro (page 14). Ils y ont trouvé des "preuves suffisantes" pour affirmer que la pollution de l'air est responsable de cancers du poumon et de la vessie, en plus des autres effets nocifs sur la santé déjà connus (allergies, pathologies respiratoires…).

"Classer la pollution atmosphérique comme cancérigène est un pas important, estime, dans Le Figaro, le Dr Christopher Wild, directeur du Circ. Il existe des moyens efficaces de réduire cette pollution et, compte tenu du degré d'exposition des populations dans le monde, ce rapport devrait envoyer un signal fort à la communauté internationale, de façon à ce que des mesures soient prises sans délai." L'agence de l'OMS spécialisée sur le cancer publiera ses conclusions détaillées le 24 octobre sur le site Internet de la célèbre revue médicale The Lancet.

Parallèlement à cette étude du Circ, le commissariat général du Développement durable publie une évaluation du coût sanitaire en France de la pollution atmosphérique, rapportent Les Echos (page 6). Il en coûterait chaque année entre 825 millions et 17,5 milliards d'euros.

C'est le traitement de l'asthme qui pèse le plus lourd dans la facture. "Le coût total se situe dans un intervalle de 335 millions à 1,1 milliard d'euros", es­time le commissariat général du Déve­loppement durable. Le coût des soins revient à 440 euros pour un asthme léger et peut atteindre jusqu'à 1.540 euros pour un asthme sévère, auquel vient s'ajouter le coût d'un passage aux urgences : 190 euros en moyenne par patient, précisent Les Echos.

John Sutton