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L’e-cigarette est-elle recommandable ?

A quelques jours de la Journée mondiale sans tabac, qui se tiendra vendredi 31 mai, Le Monde (page 9) s'interroge sur ce que feront les pouvoirs publics du rapport sur la cigarette électronique qui vient de leur être remis.

En mars dernier, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, avait demandé à un groupe d'experts piloté par le Pr Bertrand Dautzenberg d'évaluer les premiers im­pacts de cette "e-cigarette" déjà testée par 3 millions de Français, et adoptée par 500.000 d'entre eux. Mis en ligne sur le site de l'Office français de prévention du tabagisme (www.ofta-asso.fr), ce document émet 28 recommandations assorties de quelques observations.

En premier lieu, rapporte Libération (page 13), le rapport indique que "l'e-cigarette, bien fabriquée et bien utilisée, est en elle-même un produit qui présente des dangers infiniment moindres que la cigarette, mais les dangers ne sont pas absents".

Même si cette cigarette électronique contient un liquide composé de glycol ou de glycérol, de divers arômes et de nicotine, c'est-à-dire des "produits potentiellement irritants", complète Le Monde (page 9), "la e-cigarette ne libère ni monoxyde de carbone, ni particules so­lides, ni quantités significatives de cancérogènes", comme en contient la cigarette traditionnelle.

Pour autant, note Le Figaro (page 10), le groupe d'experts souhaite en "verrouiller au maximum l'accès", notamment en renforçant l'interdiction de sa publicité et de sa consommation dans les endroits publics, ou en réservant sa vente aux adultes, dans des établissements agréés. Le rapport recommande également que "les femmes enceintes ou allaitantes" limitent l'usage de ces cigarettes "du fait de l'absence de toute donnée démontrant leur totale innocuité".

Ces conclusions n'ont pas toutes été approuvées par les dix experts réunis autour du Pr Dautzenberg, observe Le Monde. Jean-François Etter, professeur de santé publique à l'université de Genève, s'est par exemple désolidarisé du rapport en réfutant certaines recommandations. "Quand on sait l'impact formidable que ce substitut pourrait avoir sur la santé publique en aidant les fumeurs à moins s'intoxiquer, déclare-t-il au Figaro, il est regrettable de poser de telles limites sans bases scientifiques sérieuses."

"Pour les tabacologues, écrit en effet le quotidien, l'e-cigarette pourrait constituer l'arme qu'ils attendaient depuis des années." Elle leur permettrait au moins de détourner les Français, et particulièrement les plus jeunes, d'une addiction mortelle de plus en plus ancrée socia­lement. Dans un rapport rédigé par l'Obser­vatoire français des drogues et des toxicomanies et publié hier, il apparaît que "plus de 13 millions des 11-75 ans fument quotidiennement", relève Le Parisien/Aujourd'hui (page 10).

Première victime du coronavirus
Le patient âgé de 62 ans et atteint du "syndrome respiratoire coronavirus du Moyen-Orient" est décédé hier matin au centre hospitalier universitaire de Lille (Nord). "Ce sexagénaire, rappelle Le Parisien/Aujourd'hui (page 10), avait contracté le coronavirus lors d'un séjour à Dubaï (Emirats arabes unis), alors qu'il s'y était rendu en vacances avec son épouse entre les 9 et 17 avril."

C'est dans cette région que l'épidémie est la plus active, ajoute le quotidien, puisque 18 décès ont déjà été enregistrés pour le seul royaume d'Arabie saoudite. Au niveau mondial, le nombre de morts s'élève désormais à 24, dont 3 pour l'Europe.

Un second patient porteur du même virus est toujours hospitalisé à Lille où son état était jugé hier "stable mais toujours très sérieux". Il a été contaminé par le patient décédé hier alors qu'ils occupaient la même chambre lors d'un séjour à l'hôpital de Valenciennes. On ignorait alors que le premier était porteur du virus, indique Libération (page 13).

Pour la ministre de la Santé, Marisol Touraine, ce décès n'engendre "pas de situation nouvelle au regard de l'épidémie", rapportent Les Echos (page 12). Néanmoins, complète Le Parisien/Au­jourd'hui, les pouvoirs publics recommandent aux voyageurs à destination de la péninsule arabique de "prendre toutes leurs précautions et d'appeler le nu­méro vert, toujours actif, pour s'informer avant leur départ : 0 800 130 000".

Frédéric Lavignette