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L’assurance maladie sensibilise les médecins au bon usage du médicament

Depuis quelques années, les pouvoirs publics prennent des initiatives pour délivrer aux médecins une information fiable sur les médicaments, constate La Croix (pages 13 à 16), qui consacre un dossier aux "médecins sous pression des laboratoires". Ainsi, depuis 2003, des délégués de l'assurance maladie sensibilisent les médecins aux recommandations scientifiques et au bon usage du médicament. Dernière disposition en date : le ministère de la Santé a annoncé le 11 décembre la création d'un portail d'information sur les médicaments destinés aux patients comme aux professionnels. Enfin, depuis 2007, la Haute Autorité de santé (HAS) adresse également aux professionnels de santé des fiches sur le bon usage des nouveaux produits, dont la prescription est délicate.

A partir de ce début d'année, la HAS va aussi rendre publiques des synthèses d'avis de la commission de la transparence. "Ces synthèses permettront aux médecins d'avoir des données sur l'efficacité et le service médical rendu de 500 à 1.000 nouveaux médicaments par an", explique, dans La Croix (page 15), Etienne Caniard, président de la commission qualité et diffusion de l'information médicale à la HAS.

De son côté, et même si elle envisage d'ici à 2010 de réduire le nombre des visiteurs médicaux (de 22.700 à 18.000), l'industrie pharmaceutique continue de déployer des moyens énormes pour la promotion de ses produits. "Elle y consacre au moins 3 milliards d'euros par an, aux trois-quarts sous la forme de la visite médicale, et encore cette estimation est très certainement sous-évaluée", soulignait l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) dans un rapport publié en septembre 2007.

Quelle est l'influence des visiteurs médicaux sur les ordonnances ? "La visite a une influence certaine sur les prescriptions (...), en favorisant la mémorisation de tel ou tel produit", estime l'Igas. "Les médecins sont des gens qui ont fait dix ans d'étude et sont parfaitement capables de faire la différence entre ce qui relève de l'information et de la promotion", rétorque, dans La Croix (page 16), le président de la CSMF, Michel Chassang.

"Tous les médecins vous diront qu'ils sont plus forts que le marketing des labos. Moi aussi, c'est ce que je pensais pendant les dix années où j'ai reçu des visiteurs médicaux", raconte le Dr Bernard Clary, exerçant à Trèbes (Aude). "Et puis, un jour on m'a mis sous le nez la liste de toutes mes prescriptions et j'ai réalisé que je prescrivais des médicaments sans intérêt. C'est toute la force de la publicité (...) et il faut reconnaître à l'industrie une certaine efficacité dans ce domaine", poursuit-il.

La "course contre la montre" des infirmières
Le Parisien/Aujourd'hui (page 15) rend compte d'une nouvelle polémique déclenchée hier à la suite du décès d'une octogénaire ce week-end dans un hôpital de Metz. Elle serait morte "faute d'avoir reçu des soins", accuse L'Union des familles laïques de la Moselle. Pour sa part, la direction de l'établissement dément tout "manque de soins".

Ce nouveau décès, qui intervient après trois récents accidents tragiques survenus à l'hôpital, affecte toute la "famille" des blouses blanches, constate La Croix (page 8). Ce quotidien est allé prendre le pouls les infirmières, ces "bons petits soldats des soins", qui regrettent aussi que ce soit uniquement à l'occasion de tels drames qu'on s'intéresse à leurs conditions de travail. Les infirmières ont le sentiment d'effectuer en permanence une "course contre la montre" pour délivrer des soins de plus en plus techniques. "On est toujours dans l'hypervigilance. Psychologiquement, c'est épuisant", confie Lydia Garcia, infirmière puéricultrice dans le service de néonatalogie de l'hôpital de Chalons-sur-Saône.

John Sutton