L’après-Fukushima

Comme il y a 25 ans au moment de la catastrophe de Tchernobyl, les autorités françaises sont des plus rassurantes : le nuage radioactif qui pourrait traverser la France serait sans danger. D'abord, prévient Le Figaro (page 13), il n'est pas sûr que la trajectoire des poussières radioactives qui se sont échappées des réacteurs de Fukushima depuis le 12 mars passe par la France. "Ce n'est pas une certitude mais le fruit d'une simulation appuyée sur des calculs réalisés par la cellule de crise de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN)", explique le journal.

Les mesures réalisées hier par cet institut ne relèvent rien d'anormal, rapporte Le Parisien/Aujourd'hui (page 9). Il faudra en­core attendre quatre à cinq jours "pour avoir la preuve formelle" que des particules toxiques ont bien traversé l'Hexagone. La vigilance va donc rester de mise, car le nuage devrait rester plusieurs jours sur l'Europe, mais aussi parce que les rejets se poursuivent dans la centrale japonaise.

La chaîne alimentaire va donc être attentivement observée, "notamment pour les enfants et les femmes enceintes", indique le quotidien. La Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) entend notamment "renforcer (ses) analyses sur les épinards et l'herbe".

De son côté, la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a assuré hier que les retombées radioactives ne nécessitaient pas "de précautions particulières pour la santé et qu'il n'y a vraiment pas de danger". D'ailleurs, ironise L'Hu­manité (page 15), on ne dit plus désormais "nuage radioactif", mais "masse d'air contaminé à un niveau infinitésimal".

Au Japon, en revanche, la sérénité n'est pas vraiment de mise, indique La Croix (page 8). Au contraire, elle "grandit sur la contamination des aliments". Le gouvernement nippon a d'ailleurs demandé aux habitants de Tokyo de ne plus utiliser l'eau du robinet pour les bébés, ces derniers étant particulièrement sensibles à l'iode radioactif. "Des niveaux d'iode deux fois supérieurs à la norme autorisée pour les nourrissons ont en effet été détectés dans le réseau d'eau potable de la capitale."

Le lait cru et les légumes (dont les épinards, brocolis, choux et choux-fleurs) en provenance des trois préfectures voisines de la centrale sont désormais interdits à la consommation. L'inquiétude est également grande concernant les produits de la mer. C'est pour cela que le ministère de la Santé japonais a intensifié les contrôles sur les poissons et les mollusques pêchés le long des côtes.

Pour ce qui est des ouvriers qui interviennent dans la centrale, le sociologue Paul Jobin, spécialiste du Japon, est très pessimiste. Dans un entretien au Monde (page 5), il considère que ces salariés sont "condamnés à une mort prochaine" à moins que des renforts extérieurs viennent leur prêter main-forte pour les exposer un peu moins aux radiations, "ce qui retardera de quelques années les effets sur leur santé".

Afflelou : après l'optique, l'audition
Dans un entretien qu'il accorde à La Tribune (page 10), Alain Afflelou s'explique sur les motivations qui le poussent s'engager sur le marché de la prothèse auditive et à ouvrir, début avril, la première boutique "Alain Afflelou Acousticien". Parce que selon lui "le frein numéro un sur ce marché, c'est le complexe lié au port d'aides auditives", le fondateur de la célèbre enseigne d'optique envisage de "dédramatiser" ce handicap.

En raison du vieillissement de la population, les estimations prévoient une croissance annuelle de 4 à 8% de ce marché d'ici à 2015. Rappelant qu'il est titulaire d'un diplôme d'audioprothésiste, Alain Afflelou détaille ses ambitions sur ce terrain : "Nous allons proposer aux audioprothésistes de devenir franchisés, seuls ou avec des opticiens", annonce-t-il. Cent quatre-vingt de ses opticiens franchisés sont déjà intéressés par un partage de boutique, poursuit-il, "car les problèmes sont liés : nombre de presbytes commencent à souffrir de pertes d'audition à partir de 50-55 ans".
Frédéric Lavignette