L’alcool dès 12 ans

Le "binge drinking" est la nouvelle mode des jeunes adolescents et les collégiens en sont particulièrement adeptes. Selon Le Figaro (page 10), ce terme anglo-saxon désigne le fait de boire vite avec le seul but de s’enivrer. Résultat : "Nombre de gamins de 12-13 ans sont aujourd’hui victimes de coma éthylique."

En général, souligne le quotidien, les adolescents consomment à l’occasion d’une fête d’anniversaire ou pour célébrer la fin de l’année scolaire. Mais "s’ils privilégient certaines occasions pour boire, les adolescents s’alcoolisent aussi avant les heures de cours". Fréquemment, certains collégiens ou lycéens arrivent en état d’ébriété dans leur établissement. D’ailleurs, près d’un jeune âgé de 17 ans sur dix confie avoir été ivre au moins dix fois au cours de l'année écoulée.

C’est dans le but d’éviter ces dérives que de nouvelles mesures sont envisagées. Exemple : vendredi, une charte a été signée par une cinquantaine de commerçants d’Abbeville (Somme) pour s’engager à ne plus vendre d’alcool aux mineurs. Dans cette commune, "deux adolescentes de 16 ans étaient tombées dans un coma éthylique dans leur lycée, en janvier dernier, après qu’un gérant de bar leur avait servi de la vodka", rappelle Le Figaro.

Pour le moment, que ce soit sur place ou à emporter, dans des cafés ou des commerces, il est interdit de vendre toute boisson alcoolisée à des moins de 16 ans. De 16 à 18 ans, les mineurs peuvent toutefois consommer des boissons de deuxième groupe, comme le cidre ou la bière. Dès l’automne, ces conditions pourraient changer. En effet, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, envisage de prendre des mesures "pour harmoniser ces interdictions".

Chez les jeunes adultes cette fois, la consommation d’alcool semble désormais banalisée. En effet, si l’on en croit une enquête que vient de publier La Mutuelle des étudiants (LMDE), "six étudiants sur dix disent boire fréquemment de l’alcool". La plupart des étudiants consomment assez régulièrement des alcools forts, rapporte Le Figaro : 62% en boivent régulièrement et 13% au moins une fois par semaine. Pour ce qui est de la bière, 57% en consomment, dont 21% au moins une fois par semaine.

Les étudiants sont également touchés par le tabagisme, souligne l’enquête de la LMDE. Un quart d’entre eux fument et 18,3% se considèrent comme fumeurs réguliers. Cependant, "29% des étudiants ont le sentiment de moins fumer" depuis la mise en place de l’interdiction du tabac dans les lieux publics. "Reste qu’en arrivant à l’université, la moitié des étudiants fumeurs semblent renforcer la consommation de tabac", note toutefois le journal. Enfin, malgré une santé qu’ils jugent plutôt satisfaisante à 98%, l’enquête ajoute que 28% des étudiants estiment souffrir de troubles de l’audition. D’où le titre choc du Figaro : "Vodka, cannabis et musique forte : un cocktail banal pour les étudiants."

Inflation : les prestations sociales décrochent
Le rapport que doit rendre aujourd’hui la Cour des comptes porte un regard sombre sur la situation économique du pays, observe La Tribune (page 29). Selon cette institution, le déficit public pour 2008 serait tout proche de 3% du produit intérieur brut (PIB), "soit la limite haute du pacte de croissance et de stabilité". Dans le même temps, note le même quotidien (page 28), le salaire mensuel a augmenté de 1,1% au premier trimestre 2008 et de 2,7% en un an. Avec un taux d’inflation de 3,1%, le pouvoir d’achat des Français se réduit donc de 0,4 point, reconnaît le ministère de l’Emploi...

Certes, concèdent Les Echos (page 4), "le gouvernement s’est engagé à compenser strictement l’inflation constatée". Mais les bénéficiaires de nombreuses prestations sociales risquent d’être les victimes d’un sérieux "décrochage", dû à l’écart entre les prévisions d’inflation et la réalité.

Ainsi, la revalorisation du revenu minimum d’insertion (RMI) n’a été que de 1,6% en début d’année, soit la moitié de la hausse des prix qui est désormais annoncée pour 2008. De leur côté, les allocations familiales n’ont été relevées que de 1%. Le niveau durablement élevé de l’inflation risque de "relativiser" la portée d’autres revalorisations envisagées Nicolas Sarkozy, pronostiquent Les Echos. C’est le cas, notamment, de la hausse de 25% l’allocation adulte handicapée (AAH) d’ici 2012.

Frédéric Lavignette