L’agacement des médecins

Le président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) est agacé. Dans Le Figaro (page 20) Michel Chassang étrille "le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, son allié depuis 2004", en raison de plusieurs points de "déception et d’agacement".

La première de ses insatisfactions concerne la stagnation des négociations sur le secteur optionnel. "Le patron de la CSMF reproche aux complémentaires, dont la signature est indispensable pour lancer le dispositif, de l’utiliser pour un “chantage permanent“ : tenter d’obtenir une modification de la loi Fourcade, puis l’annulation de la taxe sur les contrats santé", rapporte Le Figaro. Sur ce dossier, Michel Chassang demande au gouvernement d’"assumer ses responsabilités dès maintenant", que ce soit par un décret ou par une loi.

La CSMF reproche aussi à Xavier Bertrand sa "mauvaise foi" concernant sa prétendue volonté d’alléger "la paperasse". Michel Chassang considère en effet que le gouvernement ne facilite pas la démarche des médecins et qu’au contraire, il "alourdit la barque ou laisse l’assurance maladie le faire". Par exemple, indique le quotidien, cela fait sept ans que les praticiens attendent que l’informatique de la Sécurité sociale considère qu’un patient respecte le parcours de soins, quel que soit le médecin auquel il s’adresse dans un cabinet de groupe.

Cette saute d’humeur ne froisse pas pour autant Xavier Bertrand. "Je n’en veux pas aux médecins, a-t-il déclaré après les reproches de la CSMF. On leur a tellement dit qu’on allait simplifier qu’ils ont du mal à y croire."

Mais, comme l’observent Les Echos (page 2), les médecins sont plutôt bien soignés par l’exécutif. La convention signée cet été entre la Cnam et les syndicats prévoit en effet une part de rémunération à la performance pour les médecins qui remplissent certains objectifs. Au total, ces primes pourraient atteindre 9.100 euros annuels, signale le quotidien. Et si l’on compte les aides à l’installation dans les déserts médicaux et la revalorisation de certains actes de spécialiste, la dépense totale pour les médecins devraient atteindre entre 350 et 400 millions d’euros à partir de 2013.

Dépendance : les propositions des réassureurs
Si la réforme de la dépendance a été reportée, les attentes dans ce domaine sont toujours d’actualité. Pour cette raison, indiquent Les Echos (page 26), les réassureurs "acteurs incontournables de la dépendance (70% des primes sont réassurées en France)" ont présenté hier leurs propositions. Pour l’Association des professionnels de la réassurance en France (Apref), il faudrait parvenir à une "standardisation des garanties". Cette proposition ne signifie pas un "contrat unique", précise Pierre-Alain de Malleray, directeur général de MutRé et président du comité vie de l’Apref. "Première condition, poursuit le quotidien économique, les contrats devraient reposer sur une définition “simple“ de la dépendance." Les réassureurs préfèrent se baser sur la grille AVQ (acte de la vie quotidienne) plutôt que sur la grille Aggir. "Nous sommes sur un risque long, il faut donc une stabilité dans le temps. Or, la grille Aggir a déjà été modifiée six ans après sa création", explique Pierre-Alain de Malleray. Autre préconisation pour les contrats viagers, pouvoir bénéficier d’une continuité des droits "en cas d’évolution de la situation", notent Les Echos.

Efficacité partielle des déremboursements
Les déremboursements de médicament n’ont pas forcément atteint leur objectif : faire des économies. Selon une enquête de l’Irdes, les déremboursements sont généralement accompagnés d’« un report de la prescription sur d’autres remèdes encore remboursés", rapporte La Croix (page 9). Par exemple, le déremboursement des mucolytiques et des expectorants en 2006 a donné lieu à une augmentation de 12,9% des prescriptions d’antitussifs et de 4,4% des bronchodilatateurs.

En effet, afin de ne pas pénaliser leurs patients, expliquent Les Echos (page 4), "les médecins ont tendance à ne plus prescrire les produits déremboursés et à basculer sur d’autres molécules prises en charge, elles, par la Sécurité sociale". Dès lors, note le journal économique, ces reports annulent de moitié les économies attendues.
Frédéric Lavignette