L’Inpes présente une carte de France des addictions

Présenté hier par l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes), l'Atlas des usages des substances psychoactives démonte quelques idées reçues sur les addictions dans nos régions. A partir d'un sondage réalisé par téléphone auprès de 26.000 Français, l'Inpes montre en effet où sont les "bons" et les "mauvais" élèves en matière de consommation d'alcool, de tabac et de cannabis.

Au niveau national d'abord, il est à noter que la fréquence des ivresses est à la hausse, bien que la consommation d'alcool soit en recul. En 2010, rapporte La Croix (page 6), "on recensait 11% des Français déclarant boire tous les jours, contre 15% en 2005".

Pour ce qui est de la répartition géographique, "la consommation quotidienne varie du simple au double entre la Lorraine, où elle ne concerne que 8% de la population et le Languedoc, qui arrive nettement en tête", enchaînent Les Echos (page 4).

Les régions Midi-Pyrénées et Pays de la Loire sont également parmi les plus gros consommateurs d'alcool alors que dans le Nord-Pas-de-Calais, si "souvent montré du doigt", la situation est contrastée, observe La Croix : 13% des sondés déclarent en effet boire quotidiennement, mais les ivresses y sont les moins fréquentes de France.

Quant à la consommation excessive – comprendre une ivresse au moins dans l'année – l'Ouest et le Sud sont clairement surreprésentés, poursuit Le Figaro (page 10). Et dans ce cas-là, ce sont les jeunes âgés entre 15 et 30 ans qui sont le plus concernés. En Bretagne, Pays de la Loire, Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, un jeune sur deux déclare avoir été ainsi ivre au moins une fois dans l'année.

Il faut dire que la consommation par types d'alcool est déterminée par l'implantation géographique, soulignent Les Echos. Dans les régions viticoles, plus de 40% de la population boit du vin (Pays de la Loire et Languedoc surtout, un peu moins en Aquitaine). En Alsace, en Lorraine ou dans le Nord-Pas-de-Calais, c'est plutôt la bière qui domine. Dans les Pays de la Loire cependant, l'ivresse par alcools forts arrive en tête.

Pour ce qui est du tabagisme, le Languedoc-Roussillon se distingue en­core des autres régions avec 35% de fumeurs quotidiens, tandis qu'ils sont 33% en Provence-Alpes-Côte d'Azur et 32% en Aquitaine. En dessous de la moyenne nationale, située à 29%, viennent ensuite l'Alsace (25% de fumeurs), la région Rhône-Alpes (26%) et les Pays de la Loire (26%).

L'hospitalisation à domicile encore marginale
La Fédération des établissements hospitaliers et d'aide à la personne privés non lucratifs (Fehap) a dévoilé hier, à l'occasion de son congrès, un état des lieux de l'hospitalisation à domicile (HAD). Pour les auteurs de cette étude, le géographe Emmanuel Vigneron, et l'économiste Sandrine Haas, ces structures de soins, qui prennent en charge des patients souffrant de "maladies graves et chroniques, évolutives ou instables" constituent une véritable "nébuleuse", rapporte Le Parisien/Au­jourd'hui (page 14).

En effet, indique le géographe, "elles ont germé dans un développement spontané, sans suivre un aménagement pensé sur le territoire". Bien qu'initiée il y a cinquante ans, cette forme d'hospitalisation ne représente aujourd'hui que 1% du potentiel hospitalier, soit 12.000 places sur l'ensemble du territoire, contre 400.000 lits d'hôpital.

Selon le président d'une des plus grosses structures de soins à domicile, cette situation pourrait favorablement évoluer d'ici à cinq ans. Un projet de circulaire du gouvernement prévoit en effet de les doubler, quand la Cour des comptes estime qu'il faudrait 100.000 places de ce type en France.

C'est dans le Sud-Ouest que l'hospitalisation à domicile est la plus pratiquée, particulièrement dans les Landes, au Pays Basque ou à Toulouse. Le Gers en re­vanche ne possède aucune structure de ce type alors l'on peut être distant de quarante-cinq minutes du plus proche hôpital. La Bourgogne, l'Alsace et La Lorraine sont également "à la traîne", ajoute le quotidien.

Frédéric Lavignette