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L’Autorité de la concurrence met son nez dans les médicaments

L'Autorité de la concurrence lance une vaste enquête sur la distribution des médicaments en France, dont les conclusions seront rendues en juillet prochain. Industriels, grossistes, pharmaciens : toute la chaîne de fabrication et de distribution sera passée au crible. Objectif : mettre en lumière "les freins réglementaires ou comportementaux à la concurrence", annonce, dans Les Echos (page 16), le président de cette autorité, Bruno Lasserre. L'enquête s'intéressera particulièrement aux pratiques commerciales des laboratoires pharmaceutiques freinant le développement des génériques et la vente des médicaments en ligne.

"Avec le développement des génériques et l'arrivée de la vente sur Internet, des opportunités s'ouvrent pour faire jouer la concurrence, observe Bruno Lasserre dans le quotidien économique. Elles doivent permettre de faire baisser les prix, afin de bénéficier à la fois aux patients et à l'assurance maladie."

L'Autorité de la concurrence étudiera notamment la politique tarifaire de l'industrie pharmaceutique sur les médicaments non remboursables, ainsi que "l'intensité de la concurrence" entre les officines. Elle cherchera également à savoir si les laboratoires ne freinent pas le développement des génériques pour protéger les médicaments princeps lorsqu'ils perdent la protection de leurs brevets.

"Peut-on faire l'économie des grossistes-répartiteurs ?", s'interroge également Bruno Lasserre, qui dénonce également la "frilosité française" à l'égard des cyberpharmacies. Si le gouvernement souhaite aligner les prix des médicaments délivrés en pharmacie ou disponibles sur Internet, de fait les médicaments vendus sur le Net seront plus chers car il faudra ajouter les frais de port, indique Le Figaro-économie (page 21). De plus, toujours selon le vœu du gouvernement, les pharmaciens qui veulent créer un site de vente devront disposer en stock de la totalité des médicaments proposés.

"Ces mesures sont très dissuasives", regrette le président de l'Autorité de la concurrence, cité dans Le Figaro-économie. Pour lui, il ne s'agit pas de remettre en cause le monopole des pharmaciens. "Au contraire, Internet est un gisement de croissance offert aux pharmaciens d'officines dynamiques et désireux de se moderniser, poursuit-il. C'est aussi un moyen pour les consommateurs isolés ou manquant de temps, d'avoir accès plus facilement aux médicaments."

Pour Bruno Lasserre, la vente en ligne ne pose pas de problème particulier de sécurité sanitaire : "En Grande-Bretagne et en Allemagne, où la vente des médicaments en ligne, même prescrits, est autorisée et pas seulement par les pharmaciens, il n'y a pas de drame sanitaire."

Contrôler les maisons de retraite comme les prisons ?
Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté veut pouvoir visiter les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), rapporte Le Parisien/Au­jourd'hui (page 10). "Il y a des raisons évidentes qui plaident pour que nous n'y allions pas, leurs pensionnaires étant censés les intégrer de leur plein gré… Parfois à l'insu de leur plein gré", ironise Jean-Marie Delarue.

Certes, ces institutions spécialisées ne sont pas des lieux de captivité, admet le contrôleur des prisons. Mais les contraintes de sécurité liées à la protection des personnes âgées dépendantes font qu'elles y sont "de fait, privées de libertés", notamment dans les unités destinées aux malades d'Alzheimer. Dans ces établissements fermés, on utilise des digicodes, des portiques réagissant à des puces électroniques placées dans les vêtements ou les chaussures des résidents, explique Le Monde (page 12).

En revendiquant une extension de sa compétence aux institutions pour personnes âgées, Jean-Marie Delarue "a lancé un pavé dans la mare, suscitant l'émoi du secteur", constate Le Parisien. Dans Le Monde, Joëlle Le Gall, présidente de la Fédération des associations de personnes âgée et de leurs familles, estime que "les Ehpad portent atteintes à la liberté de circulation des résidents".

"Il y a une grande violence à cet amalgame entre maisons de retraite et prisons !", s'insurge Florence Anaiz-Maumé, déléguée générale du Synerpa, principal syndicat des maisons de retraite privées. Elle demande que soient clairement posées des questions éthiques "comme celle du consentement" de la personne âgée dépendante sur son placement en maison de retraite "mais sans jeter l'opprobre sur les établissements".

John Sutton