L’Afssaps retire deux antidiabétiques du marché

"Le changement est flagrant, constatent Les Echos (page 23). Accusées d'avoir tardé à interdire le Mediator®, les autorités françaises ont décidé hier de suspendre immédiatement deux autres médicaments contre le diabète." Le Pr Dominique Maraninchi, directeur de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a annoncé le retrait immédiat de l'Actos® et du Competact®. Les résultats d'une étude (disponible intégralement sur le site : afssaps.fr) confirment une augmentation du risque de cancer de la vessie "conséquente, quoique modérée" chez les diabétiques traités par pioglitazone, la molécule contenue dans ces deux médicaments (75 cas parmi les 155.535 patients traités). En revanche, cette étude n'a pas mis en évidence d'augmentation du risque chez les femmes diabétiques, sachant que le cancer de la vessie frappe principalement les hommes.

Dans Le Monde (page 11), le Pr André Grimaldi, endocrinologue à l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière, à Paris, tire la leçon du cas de la pioglitazone : "Les nouveaux médicaments réellement innovants, mis sur le marché avec une évaluation de leur rapport bénéfice/risque forcément incomplète, ne doivent être utilisés initialement qu'en cas d'insuffisance ou de contre-indication confirmées des traitements antérieurs." "Cela suppose de faire primer la santé publique sur le plan de rentabilisation rapide des nouveaux médicaments", commente Le Monde.
L'Association française des diabétiques (AFD) a salué une décision "sage et responsable", rapportent Les Echos. "On a même participé à cette prise de décision et voté pour le retrait hier à la commission d'AMM", souligne Gérard Raymond, président de l'AFD.

De son côté, Gérard Bapt, président de la mission parlementaire d'information sur le Mediator®, n'exclut pas que "des personnes qui feront des cancers de la vessie, et qui étaient traitées avec ces médicaments, soient tentées de faire des procès au laboratoire" japonais Takeda, note Le Parisien/Aujourd'hui (page 18).

La mondialisation des médicaments induit des risques majeurs pour la santé publique, alerte l'Académie de pharmacie, selon Le Figaro (page 12). Une mise en garde qui vise principalement les deux géants mondiaux de la pharmacie : l'Inde et la Chine, qui fabriquent à eux deux 80% des principes actifs contenus dans les médicaments vendus en Europe.

L'aide médicale d'Etat doit être maintenue
L'aide médicale d'Etat (AME), pour les sans-papiers à faibles ressources, doit être maintenue mais sa gestion doit être réformée, selon les conclusions d'un rapport parlementaire publié hier, indique Libération (page 11). Le dispositif, créé en 2000 pour assurer une couverture médicale gratuite aux sans papiers, a bénéficié à 227.000 personnes en 2011. Le montant de ces prestations garanties par l'Etat à l'assurance maladie a été budgétisé pour 588 millions d'euros en 2011 (contre 75 millions dans le budget 2000). "Il s'agit d'une dépense forte et d'un "problème de gestion", mais pas d'une "explosion", ni de "fraude caractérisée", estiment les deux co-rapporteurs, Claude Goasguen (UMP) et Christophe Sirugue (PS), souligne Libération. Dans leurs recommandations communes, les deux députés souhaitent la mise en place d'une visite médicale obligatoire au moment de l'entrée dans le dispositif de l'AME. "Cela permettra d'anticiper les problèmes bucco-dentaires ou de vue, par exemple" (La Croix page 10).

Lors de la dernière loi de Finances, les députés de droite avaient voté un droit d'entrée dans l'AME de 30 euros, une mesure dénoncée à l'époque par les associations défendant les droits des étrangers. "La Sécurité sociale a profité de cette réforme pour durcir l'accès à l'AME, regrette, dans L'Humanité (page 7), Barbara Ndadoma, assistante sociale au Centre d'accueil, de soins et d'orientation (Caso), à Paris. Ce n'est pas indiqué dans la circulaire, mais ils ont instauré des règles non-officielles. L'accès à l'AME devient de plus en plus difficile. Il faut s'armer de courage et de patience."
John Sutton