Kinésithérapeutes : remboursements en hausse de 7,9%

Les masseurs-kinésithérapeutes bénéficient d'un vif succès, surtout auprès des patients. Sur les neuf premiers mois de 2013, indique en effet l'assu­rance maladie, les remboursements de leurs consultations ont augmenté de 7,9%, après avoir connu une hausse de 5,5% en 2012, soit 2,7 milliards d'euros. Plusieurs facteurs expliquent cette explosion, écrit Le Figaro (page 25).

Premièrement, leurs tarifs ont augmenté au cours de l'été 2012, "de moins d'un euro en moyenne", après avoir été gelés pendant 11 ans. Le deuxième motif de ce succès concerne l'engouement du public pour ces soins, au détriment des médicaments. Selon le président du Conseil de l'ordre des masseurs-kinésithérapeutes, Jean-Paul David, ce phénomène serait la contrepartie de "l'effet Mediator®" : "Au lieu de médicaments, les patients préfèrent de plus en plus des thérapies physiques, manuelles, pour des douleurs lombaires ou articulaires, par exemple."

Une autre explication est que l'offre de kinés est en augmentation : chaque année, 4.000 nouveaux professionnels s'installent, au point d'atteindre désormais le chiffre de 72.000 praticiens, dont 80% sont des libéraux. Toutefois, note le quotidien, la moitié des nouveaux installés provient de l'étranger, car la France n'en forme pas suffisamment. D'après l'institut européen de la statistique Eurostat, il y avait en France, en 2010, 112 kinés pour 100.000 habitants, soit moins qu'en Italie, où ils sont 125 pour la même population, ou qu'en Allemagne où ils sont 133, et en Belgique qui en compte 173.

Afin de maîtriser la hausse des remboursements, l'assurance maladie a mis en place avec la Haute Autorité de santé (HAS) une "dizaine de référentiels" qui visent à "fixer le nombre de séances pour les principales pathologies soignées". Une inflexion a déjà été constatée mais "il existe encore des disparités dans le suivi des référentiels", souligne cependant la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam). Entre départements, le nombre moyen de séances peut par exemple varier du simple au double pour une opération du canal carpien.

Même s'il pèse sur ses comptes, l'assurance maladie trouve un point de satisfaction dans le développement de la kinésithérapie : grâce à elle, de nombreux patients qui sortent de l'hôpital fréquentent moins les établissements de rééducation, lesquels facturent leur séjour complet à 4 765 euros en moyenne, "soit quatre fois plus cher que les soins prodigués par un kiné libéral", conclut Le Figaro.

AAH : un million de bénéficiaires fin 2013
Bien que toujours à la hausse, le nombre de bénéficiaires de l'allocation aux adultes handicapés (AAH) com­mence à ralentir. Cette année, rapportent Les Echos (page 3), la population qui touche ce minimum social devrait grossir de 1,6% et de 1,5% en 2014, alors qu'entre 2009 et 2012, la croissance dépassait les 3%, 4% voire les 7%. D'ici à la fin de cette année ou au début de la suivante, le cap du million de bénéficiaires devrait toutefois être dépassé, au point que la dépense pourrait atteindre 8,4 milliards d'euros en 2014.

Si la tendance commence à s'essouffler, c'est d'abord parce que l'on atteint la fin d'une période de "forte revalorisation". Sous la précédente présidence, rappelle le quotidien économique, l'AAH avait en effet été augmenté de 25%, pour atteindre 790 euros d'allocation par mois aujourd'hui. Or, explique Vincent Collen, comme il s'agit d'une allocation différentielle, c'est-à-dire qu'elle complète d'éventuels revenus, "la revalorisation a mécaniquement fait entrer de nombreuses personnes handicapées dans le dispositif". Indexée à l'inflation depuis l'an dernier, sa progression s'est cependant ralentie.

A cela, il faut ajouter un autre phénomène observé dans plusieurs départements : différentes actions qui y sont menées visent en effet à réinsérer les allocataires dans le marché du travail. D'où, une diminution du volume d'AAH versées.

Selon les associations de défense des personnes handicapées, le ralentissement de la progression trouve une autre explication : il tient surtout au "durcissement des conditions d'accès à l'AAH", en d'autres termes, explique Arnaud de Broca, de la Fnath (accidentés de la vie), "si le nombre d'allocataires n'augmente plus autant qu'avant, c'est qu'il est de plus en plus compliqué d'obtenir la prestation".

Frédéric Lavignette