Journée mondiale contre le sida : le ministère de la Santé invite les Français à se faire dépister

"En France 50.000 personnes vivent avec le virus du sida sans le savoir. Faites-vous dépister." Tel est le slogan de la campagne de communication lancée par le ministère de la Santé, à l'occasion de la Journée mondiale contre le sida. La volonté de l'exécutif, explique Le Figaro (page 13), est d'inviter l'ensemble de la population à se "soumettre à un test".

Cette politique vise en premier lieu à "identifier précocement les personnes porteuses du virus, afin de les prendre en charge de la manière la plus efficace possible". L'autre objectif, poursuit le quotidien, est d'ordre préventif puisqu'"il s'agit d'une part de les informer de leur état afin qu'elles évitent de contaminer d'autres personnes".

Selon le dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire, cité par Le Monde (page 4), le nombre de nouveaux cas de séropositivité en France, en 2009, est estimé à environ 6.700. Près de 4.000 séropositivités ont été découvertes chez des personnes ayant eu des rapports hétérosexuels, dont 1.600 femmes et 1.100 hommes nés à l'étranger et 750 hommes et 500 femmes nés en France. On dénombrait également 85 toxicomanes.

Fort heureusement, grâce aux trithérapies, l'espérance de vie des personnes atteintes s'allonge, note L'Humanité (pages 2 et 3). Cependant, cette thérapeutique ne parvient toujours pas à "infléchir la pression sociale, qui continue de s'abattre sur les patients comme une chape de plomb". Comme l'a montré une enquête réalisée par Sida info service en 2005, la séropositivité est tue dans les milieux professionnels afin d'éviter d'éventuelles discriminations.

Dans le secteur privé, ce silence est visiblement une précaution nécessaire. En effet, certains employeurs vont jusqu'à recourir à un cabinet privé pour enquêter sur la nature d'arrêts maladies trop fréquents, rapporte le quotidien. Et "beaucoup se retrouvent poussés à la démission ou licenciés, sans pouvoir attester du motif réel de ce rejet brutal".

Dans les pays pauvres, la situation est plus dramatique en raison de l'absence de traitements médicaux. Près de dix millions de malades en seraient privés. "Quant aux cinq millions de personnes qui, elles, reçoivent des médicaments appropriés, leur sort est suspendu aux financements de la communauté internationale", indique L'Humanité. "Si on arrête les financements, observe le directeur exécutif de l'Onusida, Michel Sidibé, les cinq millions de personnes qui sont sous traitement vont commencer à mourir."

Hausse des actes de chirurgie ambulatoire
Selon un bilan dressé hier par la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), la chirurgie ambulatoire tend à se banaliser. Entre 2006 et 2009, le taux d'interventions réalisées en ambulatoire a augmenté dans le privé comme dans le public, faisant du coup diminuer le taux d'hospitalisation complète de 15% pour 17 types d'opérations.

Il faut dire que la loi a poussé les établissements dans ce sens, note Le Figaro (page 22), en plaçant sous entente préalable les établissements qui pratiquent moins la chirurgie ambulatoire que la moyenne. Ce qui signifie qu'ils doivent "obtenir à l'avance une autorisation s'ils jugent nécessaire une hospitalisation complète" pour des actes qui peuvent être réalisés en ambulatoire. En cas de refus, souligne le quotidien, l'assurance maladie ne verse à l'hôpital ou à la clinique que le tarif de l'intervention en ambulatoire, généralement inférieur à celui accordé pour la même intervention en complète.
Frédéric Lavignette