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Journée mondiale contre le sida : le gouvernement prône à la fois un dépistage généralisé et ciblé

A l'occasion de la Journée mondiale contre le sida, plusieurs quotidiens nationaux abordent la question du dépistage de la maladie. "Faut-il dépister tout le monde ?", interrogent Les Echos (page 11), tandis que Le Monde publie un reportage sur "la lutte contre le dépistage tardif du VIH", à l'hôpital de Gonesse (Val- d'Oise).
Le plan gouvernemental sida 2010-2014 préconise simultanément deux approches différentes, selon Les Echos. La mise en place d'un dépistage généralisé pour que toute personne de 15 à 70 ans soit testée au moins une fois dans sa vie. Dans le même temps, le gouvernement souhaite renforcer le dépistage ciblé en direction des populations à risque éloignées du système de soins.

Une étude, publiée en octobre dans la revue Archives of Internal Medicine, réalisée auprès des services d'urgence des hôpitaux franciliens, confirme que le dépistage de la population générale n'est pas pertinent d'un point de vue de santé publique. Sur près de 13.000 pa­tients testés aux urgences, 18 seulement se sont révélés positifs, et ils étaient tous à risque.

Selon une autre étude, celle de l'Institut national de veille sanitaire (InVs), la majorité des nouveaux cas de sida continue cependant à être identifiée à l'hôpital, contre un tiers seulement par les médecins généralistes. En 2010, un tiers des patients ayant découvert leur séropositivité ont été dépistés très tardivement. "Depuis plus d'un an, j'ai l'impression d'une recrudescence de cas que l'on découvre à un stade tardif par le biais d'une hospitalisation", témoigne, dans Le Monde (page 22), le Dr Didier Troisvallets, du service de médecine interne et maladies infectieuses de l'hôpital de Gonesse, dont la plupart des malades sont d'origine subsaharienne. Pour Antoinette Keta, éducatrice, si le dépistage du VIH est souvent tardif, "ce n'est pas par manque d'information, mais parce que les gens pensent que comme ils sont mariés, et ni gays ni drogués, ils ne sont pas concernés".

"Lutter contre le sida, c'est tout le contraire de la politique actuelle, qui consiste à faire la chasse aux pauvres et aux étrangers", dénonçait hier, dans Libération, Bruno Spire, président de l'association Aides. "Cette politique-là (…) précarise les plus vulnérables et les éloigne du dépistage et de la prise en charge médicale", ajoutait-il, appelant à la remobilisation et à l'augmentation des budgets dans la lutte contre le sida.

La plaie des dépassements d'honoraires
"Alors que les spécialistes sont de plus en plus nombreux à imposer des tarifs supérieurs à ceux de la Sécu, le gouvernement propose une réforme qui mécontente à la fois les patients, les mutuelles et les médecins", peut-on lire dans L'Expansion de décembre (n° 769, pages 68 à 70). Dans un encadré inti­tulé "Gouvernement-mutuelles : le bras de fer", Etienne Caniard dénonce la mé­thode employée par le gouvernement pour limiter les dépassements d'honoraires. "Les médecins les plus raisonnables vont être incités à accroître leurs tarifs, tandis que les dépassements élevés perdureront", regrette-t-il.

Le président de la Mutualité Française s'exprime également dans une tribune libre publiée dans le mensuel Alterna­tives économiques du mois de décembre (n° 308, page 92), sous le titre : "Non à la taxe sur les mutuelles !" Rapprocher le 1,1 milliard d'euros issu de la nou­velle taxe sur les conventions d'assurance (TCA), sur les contrats responsables et solidaires du coût des dépassements d'honoraires (2,5 milliards d'euros) serait particulièrement intéressant, note Etienne Caniard, à l'heure où le gouvernement vient d'imposer leur prise en charge dans le cadre du budget de la Sécu. "Légitimer les dépassements d'honoraires, plutôt que définir enfin un mode de rémunération des professionnels de santé cohérent et permettant de retrouver une opposabilité des tarifs pour les assurés, taxer les mutuelles sans réflexion sur leur place et leur rôle dans la protection so­ciale : ces deux mesures de court terme risquent finalement de coûter très cher aux Français et à la collectivité", estime Etienne Caniard.
John Sutton