Journée mondiale contre la maladie d’Alzheimer : avancées et insuffisances

Après le cancer et les accidents de la route, le risque le plus redouté par les Français est la maladie d'Alzheimer. A l'occasion de la Journée mondiale sur cette pathologie, qui se tient aujourd'hui, les quotidiens dressent un bilan de cette maladie et de sa prise en charge.

Ainsi, note Le Figaro (page 11), les structures de consultation pour les personnes atteintes par cette maladie dégénérative aux effets irréversibles et incurables se multiplient. Le délai moyen d'attente pour obtenir un rendez-vous est actuellement de 51 jours, alors qu'il fallait auparavant attendre entre 3 et 6 mois.

En outre, rapporte Le Figaro, le développement de formations pour les aidants familiaux a bien démarré : "Environ 260 sessions ont déjà été dispensées à des groupes de 12 personnes." Toutefois, l'évolution des hébergements ne semble pas suivre pour autant. Ainsi, la présidente de l'association France Alzheimer déplore l'insuffisance du rythme de création de ces structures "au regard des objectifs annoncés".

Pour ce qui est de la recherche, le secteur est en revanche "en plein essor", indique Le Figaro. Au total, 92 projets de recherche sont actuellement menés et "régulièrement, des molécules sont présentées comme prometteuses… puis les essais cliniques sont interrompus faute d'efficacité". Ce qui fait qu'à ce jour, aucun traitement n'est capable de ralentir l'évolution de la maladie.

Aujourd'hui, 450.000 malades sont suivis, mais 860.000 personnes de plus de 65 ans sont toujours "en attente de traitement", observe Le Parisien/Aujour­d'hui (pages 2 et 3). Et selon les estimations, ce chiffre ne devrait pas diminuer de sitôt puisque 225.000 nouveaux cas sont attendus chaque année.

Coup de rabot sur la santé
Une nouvelle fois, la réponse des pouvoirs publics aux difficultés de notre système de santé passe par un "coup de rabot". Dans une tribune qu'il signe dans Libération (page 21), Pierre-Yves Geoffard critique les mesures envisagées par le gouvernement pour rééquilibrer les comptes de l'assurance maladie. Pour ce professeur d'économie et directeur d'études à l'Ecole des Hautes études en sciences sociales (EHESS), la hausse du ticket modérateur sur les médicaments, mais aussi sur les consultations médicales traduit "une vision purement budgétaire" des problèmes.

"Cette réformette", comme l'a qualifiée ce chercheur, "s'inscrit de fait dans une tendance de fond, d'un transfert des dépenses de l'assurance maladie vers les complémentaires." En toute logique, note-t-il, "cette baisse des remboursements de l'assurance maladie sera compensée par les assurances santé, lesquelles, pour être tenues à l'équilibre des comptes, devront augmenter leurs tarifs".
Frédéric Lavignette