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Jour J – 6 pour la réforme de l’hôpital

C’est le 17 avril que le chef de l’Etat annoncera, lors d’un déplacement en province, les "grandes orientations" de la réforme de l’hôpital, inspirées du rapport qui lui a été remis hier par le sénateur Gérard Larcher (UMP-Yvelines), rapporte Libération (page 21). Egrenant certaines de ces propositions, Nicolas Sarkozy a souhaité que les "communautés hospitalières de territoire (...) jouent un rôle moteur dans les recompositions". "J’en attends des améliorations tangibles du service pour le patient : moins d’attente aux urgences, une prise en charge plus rapide de l’accident vasculaire cérébral", a-t-il notamment déclaré. Evoquant ensuite les futures agences régionales de santé (ARS), qui "contrôleront les engagements pris par les établissements en matière de performance", le président de la République a mis en garde les membres de la mission Larcher sur l’importance de "qui les présidera", soulignent Les Echos (page 4). "Faites très attention à ne pas créer une nouvelle administration si les préfets de région n’ont pas un rôle essentiel. Le préfet est quand même compétent pour définir une carte hospitalière !", a-t-il insisté.

Les recommandations de la mission Larcher provoquent de nombreuses réactions. La Mutualité française "approuve les propositions en matière d’organisation territoriale et de gouvernance", relève L’Humanité (page 5). Le quotidien ajoute que son président, Jean-Pierre Davant, juge le rapport "réaliste et constructif". La Fédération hospitalière de France (FHF) soutient aussi la démarche, note Le Figaro-économie (page 20). "Nous ne sommes pas hostiles aux communautés hospitalières de territoire", indique de son côté l’Association des petites villes de France, dans Les Echos. "Si la loi prochaine s’accompagne aussi d’actions fortes sur la démographie, sur l’efficacité et sur l’acte médical, il est possible de sauver l’hôpital public. Même si les dérives vers la privatisation restent ouvertes, avec cette consolidation formelle du secteur privé à but lucratif", estime François Aubart, président de la Coordination médicale hospitalière, dans un entretien à Libération (page 21). En revanche, la CGT dénonce "une logique d’entreprise strictement financière" et préconise "une logique de territoire reposant sur une analyse des besoins", note L’Humanité. Enfin, FO estime que les restructurations à venir "sonnent le glas des hôpitaux de proximité".

CTIP : l'impact des réformes sur les complémentaires
Quel sera l’impact financier des futures réformes de la santé sur les complémentaires santé ?, interroge le quotidien Les Echos (page 26). Le Centre technique des institutions de prévoyance (CTIP) a présenté ses calculs sur le coût des différents transferts de charges pour les assurés. L’instauration d’un ticket modérateur de 5% sur les affections de longue durée (ALD) entraînerait une augmentation moyenne des cotisations de 17,9%, ce qui n’est "potentiellement pas gérable pour les complémentaires", estime le CTIP. Autre projet évoqué par gouvernement, le bouclier sanitaire. Un tel dispositif "bouleverserait le rôle des complémentaires", juge le CTIP. Enfin, troisième possibilité : l’évolution du panier de soins. Un désengagement total de la Sécurité sociale sur l’optique ne présenterait qu’"un intérêt financier faible", selon le CTIP. En revanche, le déremboursement des prothèses dentaires et des médicaments à vignette bleue aurait beaucoup plus d’impact. Pour les spécialités pharmaceutiques aujourd’hui prises en charge à 35%, un déremboursement entraînerait un bond de 17,8% des cotisations des complémentaires… En conclusion, le CTIP souligne que la clef réside dans "les conditions dans lesquelles s’opéreront ces transferts". Avec, en ligne de mire, "l’éternel débat sur l’accès aux données de soins", concluent Les Echos.

John Sutton