Jeunes et alcool : Jeannette Bougrab tire la sonnette d’alarme

"Les responsables de CHU le répètent, ils reçoivent chaque week-end plusieurs adolescents, parfois âgés de 11 ou 12 ans, présentant un coma éthylique, qui n'est rien d'autre qu'une overdose alcoolique", a lancé hier la secrétaire d'Etat à la Jeunesse, rapporte le quotidien La Croix (page 5). Pour Jeannette Bougrab, il faut "cesser l'hypocrisie". "Les jeunes ne comprennent pas qu'on tienne un discours laxiste sur l'alcool, alors qu'on interdit la consommation de cannabis", constate-t-elle. "Il faut supprimer la fa­meuse dichotomie qu'évoquait Coluche entre une ”gauche pétard” et une ”droite pinard”. Nous devons lutter avec fermeté contre l'un et l'autre de ces fléaux", estime Jeannette Bougrab.

La secrétaire d'Etat a annoncé hier une série de mesures visant à prévenir l'alcoolisme chez les jeunes. "D'ici quinze jours, trois semaines, un arrêté sortira pour que le Bafa (Brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur) intègre désormais une journée de formation sur la prévention des conduites addictives", a-t-elle précisé. Jeannette Bougrab souhaite également systématiser le concept de "capitaine de soirée", une personne qui s'abstient de boire pour ramener les autres en voiture en toute sécurité (La Croix).

Parmi les mesures qui ne relèvent pas de son ministère, Jeannette Bougrab souhaite une nouvelle augmentation "significative" des taxes sur les alcools forts. "Etant donné que le premier prix d'une bouteille de vodka est à 6 euros, il y a encore de la marge pour une augmentation !", estime-t-elle, proposant également de supprimer la licence II (autorisant la vente de vin et de bière) pour les bars situés au sein d'établissements d'enseignement supérieur, et de revenir sur la loi autorisant la publicité pour l'alcool sur Internet. Alors que la consommation régulière chez les jeunes a augmenté de 18% entre 2008 et 2011, la secrétaire d'Etat à la Jeunesse va demander à l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies, une étude sur "l'alcoolisation excessive des jeunes".

Déserts médicaux : les médecins libéraux ripostent
Le premier syndicat de médecins libéraux, la CSMF, a accusé hier la Fédération hospitalière de France (FHF) de vouloir "faire main basse sur la médecine libérale" en ayant proposant de remplacer les médecins libéraux par des hospitaliers dans les campagnes et les banlieues sous-dotées. "L'application à la médecine de ville de la rigidité du fonctionnement hospitalier serait une catastrophe pour les soins de proximité", met en garde la CSMF, dans Le Figaro-économie (page 20). "S'il n'y a pas de file d'at­tente dans notre pays, c'est grâce aux médecins libéraux, qui ont un fonctionnement plus fluide et surtout, qui travaillent plus de dix heures par jour tandis que l'hôpital croule sous les RTT", ajoute-t-elle.

"Au lieu de vouloir absorber la médecine de ville et de loucher sur ses financements, la FHF ferait mieux de l'aider", estime le syndicat de médecins libéraux, qui adresse à son tour des propositions à l'hôpital public.

La CSMF demande ainsi à la Fédération hospitalière de France de "favoriser la formation des internes en cabinet libéral et en clinique privée", de "partager équitablement les financements", de "développer le partage de l'information entre l'hôpital et la ville afin d'améliorer la prise en charge des patients et éviter les prescriptions inutiles", ou en­core de "mieux coordonner le retour des patients à domicile, en liaison avec le médecin traitant".

Par ailleurs, le Dr Michel Chassang, au nom cette fois du Centre national des professions libérales de santé (CNPS), qualifie d'"ânerie" et d'"absurdité" la proposition de loi des cinquante-trois députés de droite, qui proposent de ne pas conventionner les médecins qui s'installeraient dans des zones surdotées.

Le CNPS estime que le texte a été rédigé par quelqu'un "qui ne connaît rien à notre quotidien". Son auteur, Philippe Vigier appréciera, car outre son mandat de député du Nouveau Centre, il exerce la profession de pharmacien et de biologiste.
John Sutton