Jean-Pierre Davant : un PLFSS « pas à la hauteur »

"Je ne suis pas certain que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2009 soit à la hauteur de la gravité de la situation", estime le président de la Mutualité française dans un long entretien publié dans Les Echos (page 4). "On ne peut pas continuer à boucler les comptes à coups d’expédients, finalement totalement inopérants. Il faut restructurer le système de santé en profondeur", ajoute-t-il.

Interrogé sur la taxe de 1 milliard d’euros sur les complémentaires santé, le président de la Mutualité française estime qu’il s’agit d’une "solution ridicule par rapport à l’ampleur des dysfonctionnements du système d’assurance maladie obligatoire". En outre, tient-il à préciser, il ne s’agit pas d’un simple "reversement", comme le prétend le gouvernement, mais bien d’une "nouvelle taxation qui augmente les prélèvements obligatoires". "L’Etat doit assumer ses responsabilités."

Cette taxe sera-t-elle renouvelée chaque année ? interroge le quotidien économique. "Nous demandons qu’elle ne soit pas reconduite, répond le président de la Mutualité. Le gouvernement est prévenu : si cette taxe est pérennisée, elle pèsera sur le pouvoir d’achat des ménages. Car les mutuelles seront obligées de compenser ce prélèvement en relevant les cotisations." En 2009, prévient-il, si certaines mutuelles "pourront ne pas répercuter le prélèvement, d’autres seront contraintes d’en tenir compte, en partie ou en totalité".

En revanche, Jean-Pierre Davant est satisfait que le PLFSS 2009 "instaure l’association systématique des complémentaires regroupées au sein de l’Unocam à la négociation des conventions avec les professionnels de santé". Pour lui, "c’est du bon sens". "En revanche, nous attendons toujours des mesures concrètes pour l’accès aux données de remboursement anonymisées." De même, le président de la Mutualité française déplore que pour l’instauration d’un paiement au forfait pour les affections longue durée (ALD), le PLFSS ne prévoit que des "expérimentations".

Faut-il refonder l’Union nationale des organismes d’assurance maladie complémentaires ? questionnent Les Echos. "Il n’y a pas à faire évoluer l’Unocam, mais à faire en sorte que l’on tienne notre place à côté des autres acteurs conventionnels", répond le président de la Mutualité française. "L’Unocam va enfin pouvoir s’exprimer. Il faudra qu’elle assume ses responsabilités nouvelles", se réjouit-t-il.

La récession s'installe en France
"Récession" : le mot est à la "une" de la plupart des quotidiens nationaux ce matin. "La France bascule dans la récession", annoncent Les Echos. Le quotidien économique prévoit que "l’activité sera négative au moins jusqu’à la fin de l’année". "Et maintenant, la récession", titre Libération, sur fond de photo d’un plat de pommes de terre à l’eau, qui pourrait devenir l’ordinaire des Français. Pour sa part, Le Figaro va au-delà du constat et assure que "la récession ouvre le débat sur un plan de relance".

Croissance en berne, pouvoir d’achat rongé par l’inflation, faiblesse du marché du travail, crise immobilière... la France subira de plein fouet cette année l’impact de la crise économique internationale, prévoit l’Insee. Même si cet institut juge pour l’instant prématuré d’employer le terme de "récession", le PIB devrait continuer à diminuer, perdant 0,1% aux 3e et 4e trimestres, après une baisse de 0,3% au 2e trimestre, précise La Tribune (page 25).

La récession est généralement définie par au moins deux trimestres consécutifs de recul du PIB. Une diminution du PIB pendant trois trimestres consécutifs serait du jamais vu en France depuis la récession de 1993.

John Sutton