Jean-Pierre Davant souhaite un « vrai débat public » sur la santé à l’occasion de la prochaine élection présidentielle

A la veille de quitter la présidence de la Mutualité Française, Les Echos (page 30), La Tribune daté des 10 et 11 décembre (page 34), ainsi que Le Quotidien du médecin (page 2) publient de longues interviews de Jean-Pierre Davant.

Les deux quotidiens économiques retiennent en particulier le regard sévère qu'il pose sur notre système de santé, lequel, juge-t-il, "part à la dérive". "Je crois surtout qu'il faut qu'on débatte à l'occasion de l'élection présidentielle de l'évolution de notre système de santé", estime Jean-Pierre Davant dans La Tribune. "Je souhaite, à l'occasion de la présidentielle, qu'il y ait un vrai débat public et que des engagements soient pris devant les Français par les candidats", précise-t-il dans Les Echos.

Pour le président de la Mutualité Française, ce sera à son successeur "d'enrichir et de mener les débats". Seul candidat déclaré à sa succession, Etienne Caniard "a les capacités et le talent pour, et j'ai entièrement confiance en lui", confie Jean-Pierre Davant aux Echos.

"Réformer le système de santé est beaucoup plus compliqué que réformer la re­traite", poursuit-il dans Les Echos. Principal obstacle au changement : les lobbies. "Il y a une multitude d'acteurs publics et privés", regrette-t-il. "Je suis par exemple effrayé par les déclarations de Nicolas Sarkozy promettant aux médecins de ne pas toucher au paiement à l'acte." "C'est du clientélisme… Avec ce type d'approche, il n'y aura pas de réforme", soutient-il dans La Tribune.

"Je sais que beaucoup de médecins libéraux voudraient que les choses bougent", précise Jean-Pierre Davant dans Le Quotidien du médecin. "Je ne suis pas pour fonctionnariser les médecins, mais leur rémunération doit être adaptée, de même que le périmètre des tâches, les conditions d'installation."

Jean-Pierre Davant reste convaincu qu'il "faut plutôt redéfinir la place et le rôle des différents acteurs qui produisent les soins, voir comment les rémunérer de manière moderne et mieux connecter tous les acteurs" (Les Echos). "Notre système n'est pas bâti pour la prise en charge efficiente [des] maladies chroniques. Il n'y a pas de réseau de soins, pas de filière, pas d'articulation entre la médecine de ville et l'hôpital, et le mode de rémunération des professionnels est inadapté", précise-t-il dans La Tribune.

L'expérimentation de la Mutualité Française sur la prise en charge de l'hypertension artérielle va "démontrer qu'on peut beaucoup mieux faire en organisant la médecine différemment", indique-t-il aux Echos. Elle débutera en 2011. "Ceux qui critiquent cette stratégie n'ont pas compris que la Mutualité était devenue avant tout un mouvement de santé et non pas uniquement un assureur complémentaire", soutient Jean-Pierre Davant dans Le Quotidien du médecin. Jean-Pierre Davant sera ce soir, à 20h20, "L'invité de l'économie", sur la chaîne câblée LCI.

La réforme des retraites à marche forcée
Un mois après sa publication au Journal officiel, le 10 novembre, la réforme des retraites franchit une nouvelle étape, notent Les Echos (page 3), dans leur édition du 10 et 11 décembre. "Le gouvernement a déjà rédigé la plupart des décrets d'application", indique le journaliste Etienne Lefèbvre. "Seul le décret sur la prise en compte de la pénibilité, plus complexe, nécessitera plus de temps", poursuit-il. "Le principal décret de cette ré­forme comporte onze articles et modifie les âges légaux d'ouverture des droits", avance le quotidien.

Autre précision : "Le décret détaille les nouvelles modalités de départ anticipé pour carrière longue. Même le décret sur les régimes spéciaux (SNCF, EDF, etc.), qui prévoira un relèvement de deux ans de l'âge légal de départ dès 2017, au même rythme que pour les autres salariés, devrait être soumis aux partenaires sociaux, alors que sa publication n'est pas urgente."
Milène Leroy