Jean-Pierre Davant : prudence et propositions

"Attendons la fin de l’histoire pour juger", déclare Jean-Pierre Davant dans un entretien publié aujourd’hui dans le Quotidien du médecin (page 4). Certes, dans son discours prononcé le 18 septembre dans le Jura, le président de la République s’est montré déterminé à mettre en œuvre une série d’engagements contenus dans le protocole signé le 28 juillet entre la Mutualité française et l’Etat, mais le président de la Mutualité française n’entend pas crier trop tôt victoire. Pour Jean-Pierre Davant, ces mesures doivent surtout se "traduire de façon concrète dans le PLFSS" et ne doivent pas être "dénaturés" lors du débat parlementaire.

Comme le souligne le Quotidien du médecin, l’exécutif s’est engagé sur plusieurs points, notamment sur "l’accès anonymisé des complémentaires" aux données de santé ou encore sur le principe de négociations tripartites avec l’assurance maladie et les professionnels de santé. "La Mutualité veut participer aux négociations, non seulement sur l’optique et le dentaire mais dans tous les domaines où elle assume une part importante de la dépense ou des revenus des professionnels. C’est évidemment le cas des négociations avec les médecins et sur le médicament", explique Jean-Pierre Davant.

Le président de la Mutualité française propose d’ouvrir le débat avec les professionnels de santé afin de "mettre en place des forfaits" pour la prise en charge de patients atteints de maladies chroniques. "Nous allons faire des propositions très concrètes pour organiser des filières, des réseaux et envisager ces nouveaux modes de rémunération qui existent d’ailleurs dans tous les pays développés". Interrogé sur le secteur optionnel, Jean-Pierre Davant considère que sa vocation est de se substituer au secteur 2. S’il n’était qu’"une nouvelle strate qui complique encore la situation tarifaire", il n’aurait en effet "aucun intérêt !"

Revenant sur la loi "Hôpital, patients, santé et territoires", le président de la Mutualité française regrette que "pour l’instant Roselyne Bachelot n’a pas jugé nécessaire notre présence dans les agences régionales de santé. Je lui ai demandé de bien vouloir revoir sa position". Jean-Pierre Davant "n’imagine pas "qu’un pilotage régional de la santé puisse être mené" sans prendre en considération le rôle de la Mutualité qui demeure le premier mouvement de santé de notre pays, tant par sa représentativité que par les services rendus à la population .

"Sécu" : un déficit revu à la hausse
On s’attendait à un déficit de 8,9 milliards d’euros pour 2008 : ce sera plus… Comme le signale La Tribune (page 24), le déficit du régime général de la Sécurité sociale devrait en effet atteindre plutôt les 9,1 milliards. Pour réduire ses dettes, le gouvernement met "la dernière main à son Mécano complexe" qui sera présenté lundi dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2009. Comme le rapportent Les Echos (page 4), le gouvernement a renoncé à créer de nouveaux prélèvements.

"Il faut dire que la barque est déjà largement chargée avec les mesures annoncées en juillet", relève ce quotidien Et de citer : la taxe de 1 milliard d’euros sur les complémentaires santé, l’instauration d’une contribution sur l’intéressement et la participation ou encore la hausse de 0,3% de la cotisation de retraite " Côté dépenses, quelque 2 milliards d’économies seront demandées à l’assurance maladie, afin de limiter la croissance des remboursements (Ondam) à environ 3,3%", poursuivent Les Echos.

Frédéric Lavignette