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Irradiés de Toulouse : rapports accablants

Le Parisien/Aujourd’hui (page 14) évoque longuement ce matin les rapports de l’inspection générale des Affaires sociales (Igas) et de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) sur les causes et les responsabilités dans l’affaire des 145 patients surirradiés au CHU Rangueil, à Toulouse. "On sait aujourd’hui, à la lecture de ces deux rapports, qu’environ un tiers des personnes prises en charge au départ pour des pathologies bénignes, ont ou risquent de développer des séquelles graves, dont certaines peuvent heureusement se révéler réversibles. […] Nous leur devons la vérité", déclare la ministre de la Santé dans ce quotidien.

Dans son rapport, l’Igas qualifie de "maillon faible" l’organisation de la radiothérapie au CHU. En effet, "aucun radiothérapeute n’est intervenu formellement au cours de la procédure de marché public qui s’est déroulée entre octobre 2004 et mars 2005 pour choisir un équipement faisant appel aux rayons ionisants". D’autre part, "les compétences et les effectifs en radiophysique médicale étaient insuffisants et avaient été sous-estimés par le CHU".

L’erreur initiale semble avoir été commise par le fabricant de l’appareil. Elle concerne la configuration du logiciel de dosimétrie, qui a entraîné pour les patients un surdosage de rayons X. Mais les enquêteurs estiment aussi que l’hôpital aurait dû être plus vigilant dans ses contrôles internes. Par ailleurs, l’Igas déplore une information partielle et tardive des victimes et de leurs familles. La plupart d’entre elles ont appris qu’elles avaient été surirradiées… en lisant la presse. Ce corps de contrôle constate enfin qu’environ "la moitié des personnes qui n’étaient pas porteuses de tumeurs malignes présentent des symptômes qui n’existaient pas avant l’irradiation".

Les conclusions du rapport de l’IRSN se révèlent tout aussi accablantes pour l’hôpital. "Un tiers des patients traités au départ pour une affection bénigne ont maintenant des séquelles graves", telles que "des paralysies faciales, des troubles de la vision et de l’audition" et des complications cérébrales. En revanche, elles sont moins formelles concernant les personnes traitées pour un cancer. Selon l’IRSN, la surirradiation n’aurait pas influencé de façon significative l’évolution de leur pronostic vital. Ces deux rapports seront mis aujourd’hui en ligne sur le site Internet du ministère de la Santé, indique Roselyne Bachelot.

Alimentation : "coup de poing" sur les prix
"Il y a manifestement des abus de la part des industries et des distributeurs qui profitent des hausses des matières premières agricoles pour accroître leurs marges." C’est ce qu’a affirmé hier François Fillon à l’issue d’une réunion interministérielle sur l’évolution des prix des produits alimentaires, note Le Figaro-économie (page 18). Le débat sur la flambée des prix a été relancé par l’enquête de 60 millions de consommateurs, le mensuel de l’Institut national de la consommation, qui paraît aujourd’hui.

Selon l’INC, les prix des produits laitiers et céréaliers auraient augmenté de 5% à 48% en moins d’un an. Des "opérations coup de poing" seront menées dès aujourd’hui dans la grande distribution par les services du ministère de l’Economie. Objectif : "voir où sont les abus". Dans un entretien aux Echos (page 4), la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, se déclare "déterminée à prendre toutes les mesures nécessaires pour renforcer la compétition entre distributeurs". Elle propose notamment la création d’une "autorité de la concurrence aux compétences renforcées".

John Sutton