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Irradiés d’Epinal : ouverture du procès

Le procès du plus grave accident de radiothérapie survenu en France, à l'hôpital d'Epinal (Vosges), débute aujourd'hui à Paris. Deux radiothérapeutes sont poursuivis pour "homicides et blessures involontaires, non-assistance à personne en danger et destruction de preuves". "L'enjeu de ce procès n'est pas financier, puisque le combat de l'indemnisation corporelle a été gagné, explique, dans Le Parisien/Aujourd'hui (page 11), Me Gérard Welzer, avocat des parties civiles. Il est de signifier qu'on ne peut détruire la vie des gens sans rendre des comptes, et de permettre que cela ne se reproduise pas."

"Cet accident a été un véritable coup de tonnerre, reconnaît, dans La Croix (page 3), Jean-Luc Godet, directeur des rayonnements ionisants et de la santé à l'Autorité de santé nucléaire (ASN). Elle nous a obligés à revoir nos procédures d'inspection en quelques semaines et nous a aidés à faire bouger les choses rapidement."

Plusieurs dizaines de victimes de ce drame, qui a causé la mort de sept personnes des suites de surdoses de radiations, seront présentes à l'ouverture de l'audience, cet après-midi. La plupart faisaient partie d'un groupe de 24 malades surexposés à plus de 20% en 2004-2005 du fait d'une erreur de paramétrage. Le second dysfonctionnement a fait 424 victimes surirradiées à plus de 8%.

"On a l'impression que tout a été fait pour cacher ce qui s'était passé, avec une information des victimes au compte-gouttes et bien tardive", dénonce, dans La Croix (page 2), Philippe Stäbler, président de l'AVSHE, l'association de victimes, surirradié lui-même. "Brûlé sur 3 cm de long", il souffre de troubles digestifs permanents.

Cela fait cinq ans que cet ingénieur en informatique est à la pointe de ce combat. C'est lui qui, en 2008, réussit à convaincre Nicolas Sarkozy et sa ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, de débloquer très vite les premières indemnisations, rappelle La Croix. "Pour nous, c'était le moyen d'obtenir une première reconnaissance de notre statut de victime", précise Philippe Stäbler.

Quand j'ai reçu en 2007 la lettre m'informant de ma surirradiation, le plus dur, peut-être, a été de constater qu'elle était signée par le directeur par intérim de l'hôpital, témoigne le président de l'association des victimes. C'était ma santé qui était concernée, et c'est un administratif qui m'écrivait…"

Touraine rassure les médecins libéraux
La ministre de la Santé a tenté hier de rassurer les médecins libéraux, lors de l'université d'été de la CSMF à Cannes. Marisol Touraine s'est engagée, devant le syndicat et ses adhérents, à ce que l'objectif national des dépenses d'assurance maladie (Ondam) pour 2013 "traduise une évolution équilibrée des deux secteurs", que sont l'hôpital public et la médecine de ville, rapporte Le Figaro-économie (page 23). La hausse des dépenses de santé s'était élevée en 2012 à 2,6% pour l'hôpital et à 2,1% pour la médecine de ville.

"J'ai cru comprendre que certains trouvaient mes interventions trop ”hospitalo-centrées” ces dernières semaines. C'est une erreur d'appréciation", s'est défendue la ministre devant un auditoire sceptique. L'hôpital ne doit pas être "la porte d'entrée de notre système de soins", a-t-elle expliqué. Au contraire, "le rôle de médecin de ville comme pivot de notre système doit être consolidé".

Pour remédier à la désaffection de la médecine de ville par les jeunes, Marisol Touraine souhaite les encourager en développant les stages en cabinet durant les études et en simplifiant l'ensemble des démarches administratives. Le président de la CSMF, Michel Chassang, a regretté que, depuis la rentrée, la médecine libérale ne soit abordée que sous l'angle des dépassements d'honoraires. Dans sa réponse, la ministre de la Santé a rappelé qu'elle souhaitait un accord sur cette question, mais que si les négociations, qui doivent s'achever le 17 octobre, échouaient, elle passerait par la loi.
John Sutton