Intervention télévisée de Nicolas Sarkozy : passage en revue des réformes

Lors de son intervention télévisée hier soir, Nicolas Sarkozy a passé en revue une partie des réformes qu’il a engagées au cours de sa première année de présidence. Un tour d’horizon où ni la santé, ni la réforme du financement de la Sécurité sociale n’ont été évoquées.

"J’ai lancé 55 réformes", a-t-il déclaré. Pour l’avenir, le président de la République compte "accélérer" leur mise en place. Sur le fond, estime Le Parisien/Aujourd’hui (pages 2 et 3), Nicolas Sarkozy "ne renie rien" et "n’a guère d’annonce à faire". Une seule mesure semble toutefois se préciser : "la généralisation du RSA d’ici à 2009".

Comme le confirme La Tribune (page 24), le revenu de solidarité active (RSA) – qui permet un cumul entre minima sociaux et revenu d’activité – devrait être étendu dès l’an prochain. "Je n’y renonce pas (...) parce que j’y crois", a affirmé le chef de l’Etat. Economiquement, cette "très bonne idée" sera possible "parce qu’on va redéployer une partie de la PPE". Cette prime pour l’emploi, a-t-il poursuivi, "j’aimerais la recentrer sur ceux qui en ont vraiment besoin, qui sont dans la panade".

Pour Les Echos (page 2), l’initiateur du RSA, Martin Hirsch, "risque d’être déçu". En effet, malgré l’activisme du haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté pour obtenir 2 à 3 milliards d’euros, "le chef de l’Etat opte pour une formule plus modeste". Ce sera "autour de 1 milliard, 1,5 milliard", a précisé Nicolas Sarkozy.

Le président de la République a également évoqué la retraite des seniors. "J’ai demandé que l’on puisse cumuler sa retraite liquidée avec le salaire d’un emploi, parce que nous avons besoin que davantage de Français travaillent", a-t-il annoncé. De même, il prévoit d’interdire les mises à la retraite d’office à 65 ans.

Dans ce registre, le chef de l’Etat a confirmé le passage à 41 ans de cotisation, indique La Tribune. Nicolas Sarkozy exclut de baisser le niveau des retraites pour ne pas pénaliser le pouvoir d’achat et refuse de les augmenter pour "ne pas alourdir le coût du travail". Reste une seule solution : "travailler et cotiser plus longtemps", rapportent Les Echos.

Automédication : pas de menace pour les pharmaciens
Selon une étude menée par Smart Pharma Consulting (SPC), la libéralisation du marché de l’automédication ne devrait pas "perturber l’économie de l’officine" d’ici à 2010. Par conséquent, souligne Le Monde (page 12), "les pharmaciens d’officine auraient tort de s’inquiéter du passage des produits d’automédication en libre accès". En effet, l’exposition directe de produits devant le comptoir laisse espérer une progression des ventes de 189 millions d’euros.

En revanche, rapporte l’enquête, si la vente de l’aspirine et des sirops était autorisée dans les grandes surfaces, "il en résulterait une perte de substance réelle" pour les pharmaciens. Mais cette perte ne "devrait pas affecter de manière significative le chiffre d’affaires de l’officine". En effet, si la vente des médicaments cessait d’être le monopole des pharmacies, "les grandes surfaces accapareraient" seulement 5% de l’automédication à partir de 2010. Par la suite, elles prendraient à l’officine entre 34 et 57 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Frédéric Lavignette