Infections nosocomiales : des progrès mais peut mieux faire

Depuis la récente série noire d'accidents médicaux dans les hôpitaux, la presse s'intéresse de plus en plus aux "événements indésirables graves". L'Express (pages 66 à 92) publie cette semaine "le classement 2009 des hôpitaux les plus sûrs", établi à partir des statistiques du ministère de la Santé.

Entre 350.000 et 460.000 accidents médicaux se produiraient chaque année, d'après une enquête menée en 2004. Selon le Pr Philippe Juvin, chef des urgences à l'hôpital Beaujon à Clichy (Hauts-de-Seine), 10.000 décès par an pourraient être évités dans les établissements de soins. Un nombre qu'Alain-Michel Ceretti, conseiller santé du médiateur de la République, porte même à 13.000 !

Comment améliorer cette situation ? D'ores et déjà, "grâce à une politique intelligente d'évaluation et de transparence, des progrès substantiels ont été accomplis en matière de lutte contre les infections nosocomiales", explique L'Express. Ces infections contractées à l'hôpital sont responsables de près de 3 500 décès chaque année, rappelle Le Figaro (page 11). Hier, la ministre de la Santé s'est félicité des progrès réalisés en la matière, soulignant que "tous les indicateurs du tableau de bord sont en nette amélioration, la proportion des bons et très bons établissements ayant doublé en un an", relève Le Parisien/Aujourd'hui (page 15). "Avec son faible taux d'infections nosocomiales, la France se trouve dans le peloton de tête des pays européens. Elle dispose maintenant de huit centres de référence pour le traitement des infections ostéo-articulaires", précise Roselyne Bachelot dans un entretien à L'Express (page 75).

Mais les infections nosocomiales ne représentent environ qu'un tiers des décès qui pourraient être évités à l'hôpital. Reste à s'attaquer aux autres causes : erreurs médicamenteuses, interventions chirurgicales trop tardives ou mal réalisées, mauvaises indications opératoires, énumère L'Express. "D'abord, il faut inciter les établissements à déclarer les accidents, estime le Dr Pierre Parneix, responsable du centre de coordination de la lutte contre les infections nosocomiales de la région Sud-Ouest. Ensuite, s'inspirer des méthodes et des outils mis en oeuvre dans l'industrie nucléaire et l'aviation civile, deux activités à haut risque, pour analyser les causes et les responsabilités après chaque accident… et éviter qu'ils ne se reproduisent."

Médecin traitant : pénalités durcies
Le ticket modérateur pour les consultations hors parcours de soins va augmenter de 20%. Il va passer de 50 à 70%, comme le prévoit la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2009, rappelle le quotidien Les Echos (page 2). Le collège des directeurs de l'Union nationale des caisses d'assurance maladie (Uncam) va faire aujourd'hui une proposition dans ce sens, soumise pour avis à l'Union nationale des professions de santé (UNPS) et à l'Unocam, indique Le Quotidien du médecin d'hier (page 3).

De son côté, l'UNPS juge "inappropriée" cette hausse du ticket modérateur, comme l'indiquent Les Echos qui n'ont sollicité que des syndicats de médecins. Ainsi MG-France regrette que "le parcours de soins, tel qu'il existe aujourd'hui, ne structure pas l'offre de soins comme le prévoyait la loi de 2004" (Les Echos, page 2). La CSMF estime, pour sa part, que le gouvernement "franchit le pas et se dirige clairement vers la filière de soins à la britannique". Pour ce syndicat, il s'agit, ni plus, ni moins, de la "fin du libre choix du médecin par le patient". La CSMF souligne qu'"en 2005, le parcours de soins était incitatif, en 2009, il est obligatoire" (Le Quotidien du médecin).

John Sutton