Inégalité financière dans l’accès aux soins : des régions plus touchées que d’autres

"L'inégalité financière dans l'accès aux soins est une réalité essentiellement géographique", note le Haut Conseil pour l'avenir de l'assurance maladie (Hcaam), dans son rapport annuel qui sera examiné demain, et dont Le Figaro-économie (page 22) s'est procuré "une version provisoire". "Les régions les plus touchées ne sont pas celles qu'on croit", titre le supplément économique du Figaro. Certes, on le savait déjà, la proportion de spécialistes en secteur 2 (honoraires libres) est très élevée en Ile-de-France, Paca, Alsace et Rhône-Alpes. Mais, ces régions figurent aussi parmi les mieux dotées en spécialistes, tous secteurs confondus.

Par conséquent, souligne le rapport du Haut Conseil, "plusieurs zones ou régions couramment considérées comme relativement déficitaires sont, au contraire, relativement favorisées (en praticiens en secteur 1, se conformant aux tarifs de la Sécu) : c'est le cas, par exemple, de l'Alsace ou de la Côte d'Azur, aussi bien pour les généralistes que pour les spécialistes (et pour toutes les spécialités étudiées)". "A l'inverse, soulignent les experts du Haut Conseil, certaines régions qui n'attiraient pas les préoccupations, au vu de leur pourcentage de praticiens en secteur 1 (comme les Pays-de-Loire ou le Nord-Pas-de-Calais) se révèlent en réalité des territoires où l'accès à des praticiens pratiquant les tarifs opposables est plus difficile qu'ailleurs". En outre, évidemment les dépassements d'honoraires sont plus "douloureux" pour les personnes à faibles revenus, rappelle Le Figaro-économie. Si l'on croise les deux données (niveau économique et désertification médicale), une région apparaît particulièrement sinistrée : le Nord-Pas-de-Calais.

Au-delà de ces disparités géographiques, le problème des dépassements d'honoraires et de la création d'un "secteur optionnel" reste entier. "Cinq ans qu'on en parle !", ironise Olivier Auguste dans Le Figaro-économie, qui souligne que "ce secteur optionnel devra être suffisamment attractif pour convaincre des praticiens en secteur 2 de le rallier". Le journaliste ajoute : "C'est d'ailleurs sur ce secteur 2 que coincent, depuis longtemps, les négociations : la Mutualité Française, qui domine les complémentaires, vise sa disparition, ce dont les syndicats médicaux ne veulent pas entendre parler."

Accidents du travail : indemnités taxées dès 2010
Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, annonce, dans Les Echos (page 3), avoir obtenu l'accord d'Eric Woerth, "pour fiscaliser, dès le budget 2010, les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale aux salariés, suite à un accident du travail". "Après la hausse du forfait hospitalier, ne craignez-vous pas que cela fasse beaucoup aux yeux des Français ?", l'interroge le quotidien économique. "C'est un revenu qu'il s'agit de soumettre à l'impôt. Cela n'a rien de choquant. (...) Cela rapportera environ 150 millions d'euros", répond Jean-François Copé. Chaque année, des parlementaires de la majorité tentent sans succès d'introduire cette mesure dans la loi de Finances. Mais le gouvernement avait reculé jusqu'à présent, face aux protestations des syndicats et des associations, comme la Fnath, qui défend les accidentés de la vie. Son président, Arnaud de Broca, dénonce cette "injustice" : "Ces indemnités n'ont pas à être fiscalisées, car elles sont la réparation d'un préjudice, réparation qui n'est pas totale, loin de là." Il estime qu'"il est choquant de présenter ce régime fiscal comme une niche, au même plan que les retraites chapeaux pour les hauts dirigeants !" Arnaud de Broca confie aux Echos que le ministre du Travail, Xavier Darcos, l'avait pourtant assuré, fin août, "qu'il n'était pas question que le gouvernement soutienne une telle mesure".

John Sutton