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IVG : les associations inquiètes

Les interruptions volontaires de grossesse (IVG) semblent rencontrer de plus en plus d'obstacles. En premier lieu, un manque d'accueil, comme le constatent régulièrement les associations féministes.

Parmi les 200.000 femmes qui ont annuellement recours à l'avortement avant le délai légal de douze semaines de grossesse, beaucoup craignent de ne pouvoir être admises à temps dans un centre spécialisé.

Les centres pratiquant ces interruptions de grossesse ferment en effet progressivement, comme le confirment les derniers des chiffres du ministère de la Santé. "Les établissements (spécialisés ou non) pratiquant l'IVG sont passés de 729 en 2000 à 588 en 2009", rapporte Le Monde (page 15). Ce qui fait 141 de moins, et "on peut raisonnablement estimer au­jourd'hui être autour de 150 fermetures", estime Marie-Pierre Martinet, secrétaire nationale du Planning familial.

Pour le président de l'Association nationale des centres d'interruption de grossesse et de contraception (Ancic), la question de l'accueil a toujours été négligée par les autorités qui "ne se sont jamais donné les moyens de savoir combien il fallait de places". D'après Jean-Claude Magnier, elles ont en effet "botté en touche depuis l'autorisation en 2004 des IVG médicamenteuses en ville".

Pour lui comme pour le Planning familial, remarque le quotidien, "les freins se multiplient". Quand ce ne sont pas les regroupements de structures qui entraînent "une diminution du personnel affecté aux IVG", c'est le manque de rentabilité qui suscite leur abandon dans de nombreux établissements privés.

Déjà, dans un rapport de 2010, l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) avait signalé l'existence des "goulots d'étranglements préoccupants" en Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) et en Ile-de-France, régions où les IVG sont les plus nombreuses, au même titre que les structures.

Les agences régionales de santé (ARS) avaient pour mission de garantir un accès à l'IVG dans les nouveaux schémas d'organisation des soins. Qu'en est-il dans les faits ? En Ile-de-France, "il n'y a pas eu de fermetures de centres, mais des transferts d'unités dans d'autres services, dans l'objectif d'améliorer les délais et de proposer toutes les techniques de prises en charge", indique l'Assistance pu­blique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Mais dans d'autres régions, il persiste un manque de diffusion des l'IVG médicamenteuse en ville et des difficultés d'accès en été et pendant les fêtes.

Les associations féministes "ont fait du respect du droit à l'avortement une revendication majeure dans la campagne électorale", note Le Monde. Du côté du Front national, elles n'ont toutefois rien à attendre, puisque Marine Le Pen s'est déclarée "favorable à un déremboursement des IVG qu'elle qualifie de confort". Nicolas Sarkozy, lui, ne s'est pas prononcé sur le sujet, poursuit le quotidien, tandis que François Hollande s'est engagé à rembourser l'IVG à 100% et à faire "respecter la loi qui oblige chaque structure hospitalière à disposer d'un centre IVG".

Alcoolisme : le baclofène autorisé "au cas pas cas"
L'Agence française de sécurité sani­taire des produits de santé (Afssaps) vient d'autoriser le décontractant baclofène comme traitement contre l'alcoolisme, "au cas par cas", indique Libé­ration (page 15).

Depuis quelques années, rappelle Le Figaro (page 13), "l'univers de l'addictologie est en ébullition sur la question du baclofène, utilisé de manière détournée par certains praticiens chez des personnes souffrant de dépendance à l'alcool". Traditionnellement prescrit en neurologie comme décontractant musculaire et contre les torticolis, ce médicament a été adopté, "hors de tout cadre légal", par 30 000 personnes souffrant de problèmes d'alcool.

Commercialisé sous la forme de comprimés par Novartis sous le nom de Liorésal® et comme générique sous le nom de Baclofène Zentiva par Sanofi, son efficacité est effective mais pas démontrée. Mais d'après Le Pari­sien/Aujourd'hui (page 14), "de nou­velles données d'observation montrent des bénéfices cliniques chez certains patients". D'où le feu vert accordé par l'Afssaps, en vue du lancement d'une nouvelle étude clinique sur 320 patients suivis pendant un an, à compter du mois de mai.
Frédéric Lavignette