Hôpitaux : les déficits se comblent

Pour ce qui est de la réduction des déficits, les hôpitaux sont sur la bonne voie. C'est en substance ce qu'a indiqué, hier, Roselyne Bachelot même si "les chiffres de 2009 ne sont pas encore connus". Il apparaît en tout cas que les résultats de l'an passé sont comparables à ceux de 2008.

Comme le signalent Les Echos (page 4), "cette année-là, le déficit des 1.600 établissements de santé public avait reculé de près de 90 millions d'euros, portant le besoin de financement à 592 millions. En 2009, le déficit aurait donc été réduit de plusieurs dizaines de millions supplémentaires". De fait, de moins en moins d'établissements seraient dans le rouge.

Sur les onze hôpitaux représentant 40% du déficit global, plusieurs sont parvenus à réduire leur "trou". C'est le cas des Hospices civils de Lyon, qui sont passés de 94 millions à 79 millions d'euros de déficit. Les Hôpitaux de Marseille ont également réalisé des efforts passant de 58 à 36 millions. Il en est de même pour les CHU de Nice, de Nantes ou de Lille.

Rien de tel, en revanche, du côté de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), constate le journal économique. L'an passé, son déficit a été multiplié par cinq, pour atteindre 96 millions. Pour la ministre de la Santé, un tel résultat démontre "la nécessité de procéder à des réorganisations".

A ce titre, Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 et 3) dévoile un "rapport explosif" émanant de la chambre régionale des comptes d'Ile-de-France, qui devrait "relancer la polémique sur la restructuration" de l'AP-HP. Selon le quotidien, les magistrats de cette chambre ont eu accès à des "données hautement confidentielles" révélatrices d'un certain nombre de "privilèges".

D'après ce document de 55 pages, "personne ne semble vraiment piloter ce vaste navire", rapporte Le Parisien/Aujourd'hui. Les effectifs présents l'après-midi sont parfois cinq fois inférieurs à ceux du matin. En outre, des équipements essentiels (IRM, scanners) restent trop peu utilisés, et, en moyenne, "on procède à 1,7 intervention par jour dans les blocs opératoires, ce qui est très peu".

Implants mammaires : fuite de silicone
L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) demande le retrait et la suspension de l'utilisation des implants mammaires en gel de silicone produits par la société Poly implant prothèse (PIP). Comme le signale Libération (page 23), une fuite de silicone suite à la rupture de l'enveloppe de cet implant est à l'origine de cette décision. Dans huit cas sur dix, rapporte Le Parisien/Aujourd'hui (page 4), ces prothèses sont utilisées "pour des raisons esthétiques et 20% pour reconstruire le sein après ablation" pour cause de cancer.

Avec ce type d'implants, les incidents ne sont pas rares. C'est pour cela qu'"entre 1995 et 2001, les prothèses mammaires en silicone ont été interdites en France du fait d'un risque hypothétique de maladie auto-immune, qui a fini par être récusé", observe Le Figaro (page 15).
Frédéric Lavignette