Hôpitaux de Paris : les médecins en colère

Face à la perspective de suppression de plus d'un millier d'emplois en 2010 au sein des 37 établissements de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), le personnel hospitalier est inquiet, et les médecins tout autant, souligne Le Monde (page 12). Hier soir, près de 300 médecins se sont réunis en assemblée générale à la Pitié-Salpêtrière à l'appel du Mouvement de défense de l'hôpital public (MDHP) et de collectifs de médecins et chirurgiens. Ils ont menacé de démissionner de leurs postes de responsabilité si "des emplois de soignants médicaux et non médicaux sont supprimés sans justification médicale", rapporte le quotidien Les Echos (page 5).

"La communauté médicale est persuadée qu'avec la loi "Hôpital, patients, santé et territoires" (HPST), elle est désormais en première ligne pour défendre l'institution", explique le Pr Pierre Coriat, président de la Commission médicale d'établissement (CME), qui menace de démis­sionner de ses fonctions administratives, si la suppression d'un millier de postes est confirmée en février prochain. Il estime qu'elle fait courir des risques sur l'offre et la qualité des soins.

Certains sont déjà passés à l'acte, comme le Pr Albert Bensman, chef du service de néphrologie pédiatrique à l'hôpital Trousseau, note Le Monde. "La plupart des services de spécialités pédiatriques n'ont plus les lits nécessaires pour faire leur travail et répondre aux demandes", écrit-il dans sa lettre de démission. Il ajoute : "En gardant mes fonctions administratives, j'aurais eu l'impression d'être complice d'un immense gâchis." "Le signal d'alarme a été partiellement entendu", constate Le Monde. La direction propose en effet de réduire de 138 à 51 le nombre de postes de médecins supprimés en 2010.

De son côté, l'intersyndicale des personnels soignants appelle à un rassemblement vendredi, pour protester contre les restructurations. "Rendre mille postes en 2010, c'est impossible, tout le monde a déjà des retards de congés", estime, dans Le Monde, Marie-Hélène Durieux, délégué Sud Santé à l'hôpital Tenon. "Les gens craquent. Absentéisme, maladies longue durée... tous les indicateurs sociaux sont au rouge", selon Olivier Camas, de l'Usap-CGT.

Les 37 hôpitaux doivent être restructurés en 11 groupes hospitaliers entre 2010 et 2014. "Les rapprochements permettront des économies, notamment en supprimant des doublons entre hôpitaux. Mais ils engendreront forcément beaucoup de mutations... et certainement des conflits", conclut Le Monde.

Génériques : 1 milliard d'économies
La progression du marché des médicaments génériques a permis à la Sécurité sociale d'économiser plus d'un milliard d'euros en 2009 (contre 905 millions d'euros en 2008), a annoncé hier la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), citée dans Les Echos (page 21). "Ces résultats sont liés à la forte implication des pharmaciens, dont la mobilisation ne se dément pas depuis 2006", a tenu à souligner l'assurance maladie. Au total, le marché des génériques "représente aujourd'hui plus de 23% des boîtes de médicaments remboursées par la Sécurité sociale".

Pour 2010, plus de 200 millions d'euros doivent être économisés grâce au générique du Plavix®, médicament le plus remboursé en France avec une facture de 625 millions d'euros pour l'assurance maladie en 2008. Au total, selon Les Echos, le potentiel d'économies est estimé à plus de 300 millions d'euros cette année, grâce aux génériques du Zelitrex® de GSK, du Cozaar® de MSD Chibret et de l'Effexor® de Wyeth.

John Sutton