Hôpital : une « réforme majeure » pour Nicolas Sarkozy

Lors de son déplacement hier dans les Vosges, Nicolas Sarkozy a présenté les grandes lignes de la réforme hospitalière. Comme prévu, elle décline les principales orientations proposées par le sénateur UMP Gérard Larcher dans son rapport sur l’hôpital, remis au président de la République au mois d’avril.

Parmi les orientations de cette "réforme majeure", le chef de l’Etat a notamment vanté les "communautés hospitalières de territoire" qui vont se constituer par "incitation" et "permettre l’accès à des soins de qualité pour tous", rapporte Le Figaro (page 5). Ainsi, Dans chaque bassin de population, des petits hôpitaux locaux seront agencés autour d’un hôpital référent de qualité. Dans Le Figaro, le président de la Mutualité française, Jean-Pierre Davant, se dit "convaincu de la nécessité de moderniser la répartition territoriale des établissements et la pratique hospitalière".

Par ailleurs, afin de désengorger les urgences, des "maisons de santé" seront développées. Le déploiement d’une centaine d’entre elles est envisagé pour 2008 en vue d’assurer les soins de premier secours. Un numéro unique (le 15) accompagnera cette mise en place et "mobilisera la médecine de ville et l’hôpital" indique La Tribune (pages 2 et 3).

La réforme vise également à mettre en œuvre une synergie entre les hôpitaux et les cliniques privées, relève La Croix (page 10). Le chef de l’Etat préconise des "mises en commun intelligentes" des moyens du public et du privé. Elles s’opéreront grâce à des contrats de service public qui seront signés avec les agences régionales de santé (ARS). Ce statut permettra, entre autres, de limiter les dépassements d’honoraires et d’instaurer "un droit à l’application des tarifs sécu" dans certains des cas, signale 20 minutes (page 15).

Qu’en est-il aujourd’hui des cliniques ? C’est la question que posait hier Arte dans un reportage consacré aux rachats de cliniques privées par des fonds d’investissement. "Ce que je redoute d’une manière générale, quelle que soit l’origine des capitaux, c’est que nos concitoyens ne puissent plus accéder sur l’ensemble du territoire à des soins de qualité dans des conditions financières acceptables", a estimé Jean-Pierre Davant lors du journal de 19h45 de cette chaîne.

Médicaments déremboursés : hausse des prix
Les médicaments déremboursés depuis le 1er janvier accusent une forte chute des ventes, constatent Les Echos (page 15). Au cours de ces deux premiers mois, les volumes ont en effet baissé de 53%. Pour certains professionnels, cette diminution n’est qu’un début. "Si l’on se fie aux précédentes vagues de déremboursement, on peut s’attendre à une chute de 70%, puis à une stabilisation à ce niveau", estime Gilles Bonnefond, secrétaire général de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine.

Cette diminution des ventes s’est accompagnée d’une augmentation des prix. Ainsi, le prix public d’une boîte de veinotoniques a enregistré "une hausse de 14% en six semaines". Pour d’autres spécialités, le coût d’un traitement a parfois doublé !

Fonction publique : 40 propositions de réforme
Le conseiller d’Etat Jean-Ludovic Silicani a remis hier son Livre blanc sur l’avenir de la Fonction publique au ministre du Budget et au ministre de la Fonction publique. En 40 propositions, ce document envisage notamment de "créer à terme une Fonction publique de métiers" dotée d’une nouvelle organisation statutaire, explique La Tribune (page 25).

Reposant sur sept filières de métiers, cette dernière devrait remplacer la segmentation actuelle définie par plusieurs centaines de corps. Le document propose également de revoir le mode de rémunération des agents. Il prendrait en compte deux composantes : "L’une liée au grade (qualification et ancienneté), l’autre à son emploi (contenu de la fonction)."

D’après Libération (page 13), si l’on adopte les suggestions de Jean-Ludovic Silicani, la Fonction publique devrait davantage faire appel au privé. Il propose, en effet, de "recourir à l’externalisation de certaines activités".

Frédéric Lavignette