Hôpital : une réforme en quatre axes

Nicolas Sarkozy présente aujourd’hui ses grandes orientations sur l’hôpital. Comme l’explique Le Figaro (page 20), les contours de cette réforme s’appuieront largement sur le rapport que le sénateur UMP Gérard Larcher a remis au chef de l’Etat le 10 avril dernier. Aucun des axes préconisés par le sénateur UMP des Yvelines n’est écarté, précise le quotidien.

Le premier, souligne La Tribune (page 28), consiste à faciliter l’accès aux soins. "Nicolas Sarkozy va retenir l’idée de globaliser la permanence des soins de la médecine de ville et de l’hôpital, à travers un numéro unique, le 15". Afin de "désengorger les urgences", les services médicaux pourront également intervenir pour assurer des soins non programmés. Enfin, poursuit Le Figaro, un coordinateur devrait être désigné dans chaque établissement pour l’accueil des personnes âgées.

La seconde orientation concerne la recomposition hospitalière. D’après Libération (page 14), le président "reprend le dispositif présenté par Gérard Larcher avec la création de territoires de santé". En clair, explique Le Figaro, il sera créé des communautés hospitalières de territoire, issues notamment de regroupements d’établissements de santé. Ces nouvelles entités devront "répondre aux besoins des habitants, de la prévention à la chirurgie, en passant par les soins aux personnes âgées". Au centre du dispositif : "un hôpital référent conservera un plateau technique, une maternité, un service d’urgence… tandis que, en galaxie de cet établissement, les hôpitaux locaux proposeront des soins de suite ou l’accueil de personnes âgées ou handicapées", précise La Tribune.

Nicolas Sarkozy souhaite aussi réformer la gouvernance de l’institution hospitalière. Selon Les Echos (page 3), l’hôpital devra se doter d’un directeur "qui présidera un directoire resserré et aura plus de latitude pour gérer les personnels". Avec le représentant des médecins qui occupera la vice-présidence de l’établissement, il devra assurer la gestion de l’établissement. Quant au conseil de surveillance, il regroupera des élus locaux, mais le maire n’en sera plus le président de droit. Le dernier axe de cette réforme porte notamment sur la recherche, note Le Figaro.

Pour L’Humanité (pages 2 à 4), avec cette "vaste et profonde recomposition de l’ensemble du système", "la recherche de la rentabilité financière et non la rentabilité médicale et sociale" est à l’ordre du jour.

Réduction des allocations familiales
A compter du 1er mai, plus de 4,5 millions de familles de deux enfants et plus devraient être affectées par le nouveau mode de calcul des allocations familiales. Comme l’explique Le Parisien/Aujourd’hui (page 9), ce mode de calcul vise à modifier "l’âge à partir duquel les enfants ouvrent droit à la majoration des allocations familiales".

"Aujourd’hui, le montant des allocations familiales augmente au fil des enfants. Lorsque l’un d’eux fête son onzième anniversaire, la famille touche une majoration de près de 34 euros ; lorsqu’il atteint l’âge de 16 ans, la majoration passe à 60 euros" explique Le Monde (page 10). A compter du mois prochain, la majoration de 60 euros interviendra à l’âge de 14 ans, mais celle de 34 euros disparaît, notent Les Echos (page 4). Au total, sur l’ensemble des versements accordés entre le onzième et le dix-huitième anniversaire, les familles perdront 600 euros par enfant, estime Le Monde. La Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) devrait, en revanche, réaliser 138 millions d’économies par an. Pour sa part, l’Union nationale des associations familiales (Unaf) s’est indignée de cette décision. Selon son président, François Fondard, interrogé dans Le Monde, "il n’est pas bon, par les temps qui courent, d’imposer une nouvelle perte de pouvoir d’achat aux familles".

Frédéric Lavignette